‹ Cours de physique (volume 3)Chapitre 100 sur 169 · TIMBRE. — VOIX HUMAINE, VOYELLES · texte numérisé non relu

TIMBRE. — VOIX HUMAINE, VOYELLES

foyelles sur les lames liquides minces. M. Guébhard (^) a effectué TexpérieDce sous une forme très simple et très ingénieuse : il suffit d'émettre les diverses voyelles au-dessus de la surface fraîchement nettoyée d'un mercure très impur, pour obtenir, par U condensation de la vapeur d'eau contenue dans Thaleine, les curieux diagrammes ci-contre.

Les résultats de toutes ces recherches coïncident en général avec la théorie de M. von Helmholtz. Cependant cette théorie, attaquée dès le début par M. von Quanten(^), n'est pas admise par tous les physiciens.

D'après M. Grassmann (^), les trois voyelles OU, f/, / constitaent une première série caractérisée par la présence d'un seul harmonique, inférieur à ut^ pour OU, i\ mi^ pour f/, et sans limite pour/. La voyelle A répond à une nombreuse suite d'harmoniques, d'iolensités presque égales. Enfin, 0, EU, ^peuvent être considérés comme résultant de la superposition de VA et de l'une des Toyelles du premier groupe :

Alappui de cette théorie, on citera les expériences de M. Schneebeli et celles de M. Lahr (*).

Ayant relevé les courbes marquées ù son phonauiographe par VO wirles notes mi^, sol^^ nt^ et mi^, M. Schneebeli chercha à les décomposer en sinussoïdes élémentaires, d'après le principe de Foufier: à cet effet, il divisa la période en vingt-quatre parties égales, mesura les ordonnées correspondantes, puis, écrivant que chacune était la somme des ordonnées des six premières sinussoïdes, il détermina les grandeurs de ces ordonnées, d'où il conclut les intensités relatives des six premiers harmoniques (les intensités sont proportionnelles aux carrés des amplitudes et des nombres de ^bralions respectifs) ; il trouva ainsi que le timbre de la voyelle O ^t caractérisé non par le renforcement d'un son fixe, toujours le

i' OuÉBHARD, Journal de physique, IX, 242; 4880. J*' Von QUA.1TEN, Pogg. Afin., CUV, 272; 1875. ''' GbassvâNn, Wied, Ann., I, 606; i877. *' Lahr, Wied, Ann,, XXVIll, 94 ; 1886.

même quel que soit le son fondamental, mais par la prédominance constante de Toctave.

M. Lahr, reprenant la question, a répété d'abord les expérieocei de M. von Helmholtz sur la résonnance de la cavité buccale, ainsi que sur la synthèse des voyelles au moyen des diapasons, puis il a eu recours au phonographe. Déjà MM. Fleeming Jenkia et Ewing (*) avaient appelé l'attention sur les phénomènes que Ton provoque en tournant plus ou moins vite Tappareil quand on lui fait reproduire la parole. M. Lahr observe que si Ton a émis un 01/ en face du phonographe marchant à une allure moyenne, Tappireil redonne d'abord un OU qui, par une vitesse plus grande, se change en U et même en / si la vitesse atteint une valeur suffisante. Pareillement, 0 devient EU, puis Èj par un accroissement convenable de vitesse. D'autre part, M. Lahr, amplifiant les tracés obtenus sur la feuille d'étain et les analysant comme M. Schneebeli, arrive à des résultats d'accord avec la théorie de M. Grassroann. U conclut donc également que, vu la nature, le nombre et Tintensité des sons constitutifs, les voyelles sont aussi compliquées que les couleurs.

Sans doute ces expériences n'échappent pas à toute critique, et M. Auerbach ('^) a pu trouver réponse aux contradicteurs de M. von llelmhollz. Il est certain que les conditions de résonnance d'une membrane et surtout d'une membrane métallique ne sont pas identiques à celles d'une masse d'air. On peut tenir pour suspectes en semblable matière les indications d'appareils aussi imparfaits, au point de vue du timbre, que le téléphone et le phonographe. Néanmoins, la question semble plus compliquée actuellemeot qu'au lendemain du jour où parut le livre de M. von Ilelmholtx.

411. Théorie de la consonaance. — Théories anciennes: Pythagore^ Sauveur, Euler, Rameau. — Toute consonnance est caractérisée par un rapport simple entre les nombres des vibrations des deux sons en présence (353) : plus le rapport est simple, plus la consonnance est parfaite.

(') Jknkix cl Ewing, Nature, XVIII, 340 et 394; 1878.

(^) AcKRBACH, Pcnjtj. Aun., Ergànz-Band, VIU, i77; et Wied, Ann,, Ul et IV,

passim: 1878.

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