‹ Cours de physique (volume 4)Chapitre 145 sur 402 · INSTRUMENTS DE MESURE. — SPHÉROMËTRE · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS DE MESURE. — SPHÉROMËTRE

fera descendre la vis jusqu'à ce que sa pointe P vienne toucher la surface de la lentille; on lira la position de cette pointe. Puis on transportera le sphéromètre sur son plan de verre, et on mesurera la longxieur dont il faudra descendre la vis pour revenir au zéro : on connaîtra ainsi la flèche PD =/ de la calotte sphérique ayant pour base le petit cercle circonscrit au triangle équilatéral formé par les trois pointes extérieures. Soient / le côté de ce triangle,

rie rayon du cercle circonscrit ABC, r=-«; d'autre part, on a

/•'=/(aa:— y^, en appelant x le rayon de courbure cherché OP; on a donc

Dans les anciens modèles, / testait invariable, et Tusage de chaque appareil était par suite limité. Une disposition fort simple permet d'appliquer le même sphéromètre à des lentilles d'ouverture très différentes : les pointes mousses peuvent se visser à volonté dans des trous groupés de telle façon que les trous de même numéro correspondent aux sommets d'un même triangle équilatéral dont ce numéro indique le côté.

Si Ton répète plusieurs fois une même mesure au sphéromètre, on constate ordinairement des différences de i ou 2 divisions, d'où Ton doit conclure qu'avec l'appareil tel qu'il est construit on ne peut pas pousser l'approximation plus loin; il serait donc illusoire d'augmenter le nombre des divisions du plateau surmontant la Tis. Le verre, en effet, cède un peu sous la pointe, et pour avoir des mesures rigoureusement exactes, il faudrait presser toujours également la pointe contre son support, ce qui est difficile avec l'appareil ordinaire. M. Perreaux a cherché à remédier à cet incon- Ténient en prenant pour pointe l'extrémité d'une tige traversant la yis dans toute son étendue. Maintenue à sa partie supérieure par un renflement, la tige suit la vis dans son mouvement d'ascension ; quand la vis s'abaisse, elle l'accompagne encore, mais dès que son extrémité touche le plan de verre, elle s'arrête, et la vis seule continue à descendre. L'expérimentateur est averti de l'arrêt de la tige par le mouvement d'une aiguille qui accuse sur un cadran la Ion-

gueur dont on a dépassé la position exacte de la tîs : cette aiguille forme le grand bras d'un levjer dont le petit bras est sollicité par un autre levier reposant sur la tète de la tige; en ramenant toujours Taiguille au zéro, on appuie toujours également la pointe contre son support, et la rigueur des mesures est assurée (^). Mais alors Timperfection des surfaces sur lesquelles on opère intervient à soh tour et il sera, d'ordinaire, inutile de chercher une approximation supérieure au micron. Une précision plus grande n'a guère d'intérêt d'ailleurs que dans le cas où Ton veut étudier point par point une surface afin de reconnaître si elle a exactement partout le même rayon de courbure, ou si elle est bien plane ; et pour cette étude les procédés optiques que nous ferons connaître dans la suite sont généralement plus rapides et plus précis.

116. Machine & diviser. * — La machine à diviser se compose essentiellement d'une vis micrométrique saisie à ses deux extrémités dans deux tourillons fixes qui ne lui permettent aucun mouvement dans le sens de son axe, et d'un écrou mobile qui entraîne un style servant à tracer les divisions ainsi qu'un microscope propre à les vérifier.

Description. — La réalisation matérielle de cette idée a été l'origine d'appareils assez variés de forme, parmi lesquels nous prendrons pour type la machine de Perreaux : un système à fractions fixé à l'extrémité de la vis règle mécaniquement la valeur de chaque division, tandis que Je traçoir donne de lui-même aux traits les diverses longueurs voulues, ce qui rend la manœuvre plus facile et plus sûre.

La vis microinélrique VV, dont le pas est d'un demi-millimètre et dont l'exactitude géométrique fait toute la valeur de la machine, est logée à l'intérieur d'un solide banc en fonte sur lequel glisse le chariot entraîné par l'écrou et portant le traçoir. A l'une des extrémités du banc, un coussinet creusé d'une double gouttière reçoit la tête de la vis sur laquelle ont été ménagés deux filets en saillie s'engageant dans deux gouttières correspondantes ; à l'autre extrémité, la vis micromé-

(^) Le double levier peut être avantageusement remplacé par un niveau à bulle d'air très sensible, dont la bulle est remise entre ses repères avant chaque lecture.

Page 1