STRUCTURE
124. Formes orlstallines. — Lorsqu'un corps se solidifie librement, soit par refroidissement graduel s'il était à Tétat de liquide ou de vapeur, soit par Févaporalion lente d'un menstrue qui le tenait en dissolution, il prend en général Faspect de polyèdres à faces planes, à arêtes vives ; il cristallise. Cette forme géométrique des solides apparaît si nettement dans certains échantillons naturels (quartz) que de tout temps ces cristaux ont attiré Tat* tention. Les anciens toutefois n'y voyaient que de « purs jeux de la nature ». Quand on se mit à observer attentivement, on reconnut au contraire la fréquence des formes cristallines dans les solides non organisés. L'expérience se joignit à l'observation. Rouelle enseigna à obtenir le soufre en belles aiguilles cristallines par le refroidissement lent d'un creuset plein de soufre fondu, ainsi qu'on le répète encore aujourd'hui dans tous les cours de chimie. Brongniart fit cristalliser le bismuth par un procédé analogue. Ce que l'on avait pris d'abord pour un accident était la règle générale : l'état cristallin est l'état habituel des solides inorganisés.
ViOLUS, Cours de physique. — I. 23
Ce fait est d'une extrême importance, moins encore pour la beauté ou la singularité des formes que revêtent maintes espèces miné* raies, qu'à cause des données que cette configuration extérieure nous fournit sur Tarrangement intérieur de» molécules.
Remarquons d'abord que cet arrangement est nécessairement soumis à certaines lois évidentes a priori^ en dehors de toute observation, car elles résultent directement de la notion de Thomogénéité.
1S5. Homogénéité, isotropie. — Un corps est dit homogène (5|i.6<;, semblable; y^^'oç, espèce) lorsque dans toutes les parties extrêmement petites, mais finies, dont l'ensemble constitue le corps, il présente les mêmes propriétés. Si cette identité de propriétés se manifeste en outre dans toutes les directions que l'on peut considérer à l'intérieur de la substance, comme il arrive dans les gaz, les liquides, et les solides analogues au verre, le corps est dit isotrope (r(79ç, égal; Tp£i7(i>, tourner). Il peut se faire au contraire que le corps homogène ait des propriétés différentes dans les différentes directions : ainsi, dans un cristal de quartz ayant la forme d'un prisme hexagonal, la résistance à la déformation, la dilatation sous l'influence de la chaleur, la conductibilité calorifique ou électrique, l'action sur la lumière ne sont pas les mêmes suivant l'axe du prisme ou suivant une ligne perpendiculaire à cet axe. Pour qu'un corps soit isotrope, il faut que si d'un point quelconque du corps on mène dans une direction quelconque une droite de longueur /, très grande par rapport à la distance moyenne de deux molécules, on rencontre toujours sur cette droite le même nombre n de molécules orientées de toutes les manières possibles. Il faut donc que les molécules soient distribuées dans le corps de façon à ne présenter ni quant au nombre ni quant à l'orientation aucune prédo* minance dans quelque direction que ce soit. Une irrégularité absolue suffit pour satisfaire à ces conditions.
126. Structure rétlculalre d'un solide homogène cristallisé (^). — L'arrangement des molécules d'un cristal doit au contraire offrir une certaine régularité.
(*) Voir Bbavats, Études cristallographiques. Paris; 1851.