ÉLASTICITÉ. — FROTTEMENT INTÉRIEUR
autour de cet axe : quand on a monté Thorloge, c'est-à-dire serré les plis du ressort, celui-ci, en se débandant, fait tourner le tambour auquel il est attaché et, à Faide de la chaîne B et de la fusée G, imprime le mouvement à tout le mécanisme.
Nous trouvons encore un ressort spiral adapté au balancier des
Fig. 3t>3
montres et réglant par ses oscillations isochrones le mouvement de tout le système. En établissant la formule exacte des oscillations, M. Phillips (*) a créé une méthode précise pour mesurer le coefficient d'élasticité d'un métal : il suffit de construire avec un fil du métal le spiral du balancier d'un chronomètre dont la marche fait connaître exactement la durée de l'oscillation. Ce procédé a l'avantage de n'exiger qu'une quantité extrêmement faible de matière et par conséquent de permettre d'opérer sur les substances rares aussi facilement que sur les métaux communs et, dans tous les cas, sur des échantillons très purs.
D. — FROTTEMENT INTÉRIEUR
165. Manifestation du frottement intérieur dans les phénomènes d'élasticité. — L'étude expérimentale de l'élasticité a mis en lumière plusieurs phénomènes qui attestent dans les solides une résistance intérieure aux déplacements moléculaires.
Parmi ces phénomènes l'un des plus nets, l'un de ceux qui se prêtent le mieux à des mesures précises est le mouvement oscillatoire se produisant sous l'influence de la torsion. Le décroissement de l'amplitude des petites oscillations d'un fil tordu indique, comme nous le savons (160), une résistance proportionnelle à la
(*) Pbillips, loc. ctï.,296.
ViOLLE, Cow's de physique. — I. 29
450 PRINCIPALES PROPRl&T&S DES SOLIDES.
vitesse ; et si l'on représente cette résistance par tàtv, t est égal au décrément logarithmique A divisé par la durée d'une oscillation t,
La résistance ainsi déterminée est la somme de deux quantités : i*" la résistance de Tair^que nous apprendrons plus tard à mesurer; 2"" la résistance due au frottement intérieur.
11 est aisé de comprendre comment, en retranchant de l'effet total la part, très faible, afférente à Tair, on peut évaluer le frottement intérieur. MM. Warburg(*), Streintz (*), Schmidt ('), ont procédé de cette manière.
Le frottement intérieur diminue avec le temps et il prend à la longue une très petite valeur qu'il conserve si, laissant les choses en état (ne touchant pas au poids tenseur, ne produisant aucune déformation accidentelle, vibration ou échauffement du fil), on se borne à des oscillations assez petites pour n'amener aucun retard dans l'effet élastique.
Au delà d'une certaine limite, les amplitudes ne forment plus une série géométrique : la résistance n'est plus proportionnelle à la vitesse ; le problème devient très compliqué.
Même dans le cas simple où la résistance est proportionnelle à la vitesse, on n'a pas encore réussi à démêler nettement l'influence des dimensions et de la nature du fil sur le frottement intérieur.
(*) Warborg, Monatsber, d. Berliner Akad. fur 1869.
(') Streintz, Siizungsber. d. Akad, d. Wissensch. in Wien; 1874 et 1879.
(') ScHMiDT, Wiid. Ann.^ Il ; 1877.