VI PRÉFACE
ments sont netteinent perceptibles prépare Toptique qui conduit elle-même à la chaleur. En dernier lieu viendra Télectricité, que les connaissances acquises jusqu'à ce jour ne permettent pas de rattacher directement à ces conceptions, bien qu'il soit possible dès maintenant d'y appliquer sans conteste le grand principe de la conservation de Ténergie.
L'intelligence exacte de ce principe est une des plus belles conquêtes de la science moderne. Ce serait toutefois une méthode spécieuse que de vouloir en déduire toute la physique. Sans doute, pour la pratique aussi bien que pour la philosophie d'une science qui peut justement s'appeler la science des transformations de l'énergie, comme la chimie est la science des transformations de la matière, il y a grand profit à savoir établir le rapport d'équivalence entre les deux termes de chaque transformation. Mais il importe avant tout de connaître ces transformations mêmes, que Texpérience seule apprend à effectuer.
Tel est l'objet de la physique, type et modèle de la science expérimentale. Quelle que puisse être, ici comme ailleurs, l'importance de l'idée première, qui sera toujours le point de départ du chercheur, les expériences, les mesures sont les véritables instruments de la certitude.
Si, dans l'étude de la physique, rien ne supplée le laboratoire, le livre est Tauxiliaire, indiquant sur chaque question comment la science s'est faite et où elle en est. 11 montre le point de départ, les difficultés de la route, le terrain déjà conquis et les positions à enlever, présente le détail des idées, ainsi que celui des faits, en plaçant à côté des expériences, des mesures et des lois empiriques qui les résument, les hypothèses qui ont guidé les inventeurs, et les théories qui s'adaptent le mieux aux phénomènes connus.
Dès qu'il s'agit de lois, et à plus forte raison de théories embrassant un certain nombre de lois, le calcul intervient nécessairement. On Ta donc employé toutes les fois qu'il a paru utile ou seu-
PRÉFACE. Vil
lement avantageux à la précision et à la clarté; mais on n'a pas oublié qu'en physique le calcul n'est qu'un outil dont l'usage doit être sagement limité. On a aussi laissé de côté ces développements ingénieux, ces investigations savantes qui mettent en jeu toutes les ressources de l'analyse mathématique la plus élevée, mais qui n'ont de physique que le point de départ, parfois même que le nom.
Sans sortir de son domaine, le physicien n'a-t-il pas un champ d'études assez vaste et assez fécond, où peuvent se donner carrière à la fois l'observation, l'imagination et le raisonnement?