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COMPRESSIBILITÉ

193. Expériences anciennes. — L'état liquide idéal serait celui d'un corps parfaitement fluide et absolument incompressible. Aucune substance naturelle ne répond rigoureusement à cette définition : tout liquide éprouve à une même température des variations de volume sensibles quand la pression extérieure change; et dans les plus mobiles on constate aisément une certaine viscosité.

La première expérience sur la compressibilité des liquides est due à Bacon (*). « Nous fîmes préparer, dit-il, une sphère de plomb creuse, qui pouvait contenir environ deux pintes, et de parois assez épaisses pour résister à une force considérable. Nous remplîmes d'eau la sphère an moyen d'un trou que nous y avions pratiqué et que nous bouchâmes ensuite avec du plomb fondu de sorte que la sphère redevînt tout à fait solide. Nous l'aplatîmes alors de deux côtés opposés en la frappant avec un lourd marteau ; l'eau était ainsi nécessairement comprimée, puisque la sphère est la figure de plus grande capacité. Lorsque le marteau ne produisit

(*) Bacon, né à Londres (Yorkhouse) en i561 , mort à Highgate en 1626 ; Novum Organum; 1620.

VioLLE, Cours de phi/Bique, — I. 3 3

plus d'ciTet, à cause de la résistance plus grande du liquide à se laisser comprimer, nous fîmes usage d'une presse jusqu'à ce qu'enfin Teau, ne pouvant supporter une compression plus forte, suintât à travers le plomb solide sous forme de rosée fine. Nous calculâmes alors la diminution de volume que la sphère avait subie par suite de Taplatissement, et nous sûmes ainsi que Teau s'était contractée d'autant, ce qui d'ailleurs avait exigé un violent effort (*). » Celte expérience est ordinairement attribuée aux académiciens de Florence qui ne l'exécutèrent que cinquante ans plus tard à l'aide d'un globe d'argent, après avoir déjà opéré avec un autre appareil dont ils n'avaient tiré qu'un résultat négatif (*) : c'était un système de deux boules  et B pleines d'eau, réunies par un tube

Fig. a58

étroit T contenant de l'air; en chauffant le liquide de Tune des houles A, on produisait de la vapeur qui comprimait le liquide contenu dans l'autre boule B, mais on ne voyait aucun abaissement du niveau h' , Il n'y a pas lieu d'insister sur la grossièreté de cet appareil qui eût aisément donné au contraire une élévation de niveau du côté froid par suite de la condensation de la vapeur.

En isolant l'eau à comprimer par une couche d'huile, on aurait

(*) liovum Organum, lib. II, cap. xlv, cité par Tyndall, dans la Chaleur^ leçon V.

(*) Sagyi dinaturali speiienze fatte neiV Accademia del Cimento; cap. V. Firenzc 1G67.

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