CAPILLARITÉ. — ROLE DE LA TEMPÉRATURE
expérience, après l'avoir lavé par un abondant courant de liquide, on élevait ou on abaissait le tube jusqu'à ce que le niveau intérieur correspondît exactement à ce repère ; une fois les observations terminées, on coupait le tube en ce points et on mesurait le diamètre moyen de la seclion à Taide d'une machine à diviser.
En vase clos, cette précaution n'est plus applicable : il faut se servir d'un tube aussi cylindrique que possible et préalablement gradué sur une portion de sa longueur. Ce tube est iatroduit dans un gros tube en verre épais, où il est maintenu dans l'axe par des fils métalliques faisant ressort. Le gros tube, fermé à un bout, est effilé à l'autre ; on y introduit de l'éther, pour lequel l'abaissement par la chaleur est beaucoup plus rapide que pour l'eau (^), on fait bouillir afin de chasser l'air, on ferme à la lampe. On porte l'appareil dans une cloche renversée, pleine d'huile de lin, à côté d'un autre tube semblable, mais ouvert et également plein d'huile de lin dans laquelle plonge un thermomètre. On chaufTe la cloche en ayant soin d'agiter sans cesse l'huile. A mesure que la température s'élève, on voit Téther baisser rapidement dans le tube capillaire, et en même temps la surface du liquide dans le gros tube devenir de moins en moins concave, et enfin s'aplanir tout à fait. A ce moment (la température étant de iqû""), il n'y a plus de difTérencQ de niveau à l'intérieur du tube capillaire et à l'extérieur. La capillarité a cessé de se manifester sous le double rapport de l'ascension dans les tubes étroits et de la courbure des surfaces. L'alcool, le sulfure de carbone, l'huile de naphte, ont donné des résultats tout semblables. Drion (') a montré qu'une fois l'égalité de niveau établie, et la surface capillaire devenue plane et horizontale, si la température continue à croître, un nuage se forme, et le liquide se volatilise sans aucun autre efTet.
Quand on élève ainsi la température jusqu'au point de vaporisation totale, il est clair qu'à un certain moment la couche liquide adhérente au tube disparaît ; la surface capillaire s'étend jusqu'au verre. 11 n'y a plus de raison pour que l'angle capillaire se maintienne
(^) D'après la formule empirique résumant les expériences en vase ouvert, l'ascension serait nulle pour Télher à 191^,1 (Brtinner), tandis que pour Teau la hauteur de la colonne soulevée ne se réduirait k zéro qu*à une température supérieure à 5oo®.
(>) Driox, Ann. de chùn. et de phys., (3), LVI, 221 ; 1859.
638 PRINCIPALES PROPRlÉTfiS DES LIQUIDES.
nul. M. Quet(^) amontréqu'ildeyaitcrottre, etquelahauteurmoyenne du liquide soulevé deyait par suite décroître jusqu'à zéro. Si l*0Qyeut entrer plus avant dans Tétude théorique de ces phénomènes, il faut en outre tenir compte de la vapeur, par suite de laquelle la colonne soulevée perd une partie de son poids, égale au poids d'un même volume de vapeur. D'ailleurs la vapeur exerce aussi une action capillaire sur le liquide. M. Quet a donné les formules générales propres à représenter les phénomènes capillaires dans ces conditions.
226. Expériences sur divers liquides. — Lorsqu'on expérimente successivement sur divers liquides avec un même tube, à même température, on observe des ascensions différentes, F eid variant en général tous les deux d'un liquide à l'autre.
Expériences de Gay-Lussac^ de Frankenheim^ deSimon {de Metz), de ValsoH. — Ainsi Gay-Lussac (•), dans son tube de i"",294 de diamètre, observa les hauteurs suivantes vers S^^^S :
Alcool de densité 0,819 h^:=zg^^,lS2.
— — 0|859 ''i==9 ,3oi
— — 0,941 /i, =9 ,997 Essence de térébenthine ^i = g «gSa
Frankenheim (') et Simon (de Metz) {*) ont étendu ces mesures à un grand nombre de liqueurs.
M. Valson (') les a reprises pour les mélanges alcooliques (^) et, ayant vérifié que les substances extractives dissoutes dans le vin naturel n'influencent que très peu la hauteur du liquide soulevé, il a construit un alcoomètre consistant simplement en un tube capillaire qu'il suffit de plonger dans le vin : la hauteur à laquelle s'élève le vin donne immédiatement son degré alcoolique aussi exac-
(*) QoET, loc. cit.
(") Gay-Lussac, loc, cit, (•) Frankenheiii, loc, dt, (^) Simon (de Metz), loc, cit,
(*) Valson, Élude sur les actions moléculaires, Grenoble, Maisonville; 1864. (^) L'étude des mélanges alcooliques a encore été faite par M. Duclaux (230), et tout dernièrement par M. Rodenbeck, qui trouve qu'à 17<»,5
a ou v/-^ =2,392+ 1,001 p — 2,641 (^2 + 3,040 (>^,
V étant le volume d'alcool pour 100 volumes d'eau (Rodenbeck, Inaug, Dissert, Bonn; 1879).