‹ Cours de physique (volume 4)Chapitre 284 sur 402 · CAPILLARITÉ. — FOUMATION DES GOUTTES A UN ORIFICE CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

CAPILLARITÉ. — FOUMATION DES GOUTTES A UN ORIFICE CAPILLAIRE

cielles relatives des divers liquides (^) : il suffit pour cela de compter le nombre de gouttes N, fourni par un même volume V des divers liquides s'ccoulant d'une même pipette à orifice suffisamment étroit; D étant la densité du liquide, p ==î^D' et la tension superficielle F est proportionnelle à ^.

2" Un alcoomètre, imaginé par M. Duclaux, et qui consiste en une pipette de 5" de capacité, munie à sa partie inférieure d'un orifice ordinaire de compte-gouttes (donnant avec Teau distillée des gouttes de 5o milligrammes), et fournissant par conséquent 100 gouttes avec Teau. Si l'on ajoute à l'eau de l'alcool, les gouttes diminuent de grosseur, et par suite leur nombre pour un même volume de liquide augmente ; chaque nouvelle addition d'alcool accroît le nombre des gouttes. On a donc pu dresser une table permettant d'employer la pipette en qualité d'alcoomètre, lequel est particulièrement et remarquablement sensible pour les mélanges pauvres en alcool. Voici quelques nombres de cette table, correspondant à la température de i5°.

Titre alcoolique.

Nombre de gouttes.

Titre alcoolique.

Nombre de gouttes

ii3

ia3

Au moyen de cet appareil, on peut aisément montrer que la grosseur d'une goutte est fort influencée par l'action d'une couche d'épaisseur très faible, enveloppant la goutte comme une membrane susceptible d'extension, mais qui se brise quand le poids à soutenir devient trop grand pour elle. Si, en effet, on pro-

(^) M. Quincke a même essayé de mesurer ainsi les tensions superOcielles des métaux fondus, par la grosseur des gouUes se détachant de fils métalliques portés à la fusion (Quinckk, ?ogg, Ann., CXXV, 621 ; i86H; et Ann. de chim, et de phys,, (4), XVI, 502).

Yoque l'écoulement de Teau à travers la pipette placée au-dessus d'un flacon dont on a humecté les parois d'alcool à divers titres, on trouve :

En présence de Talcool à 90 degrés 116 gouttes.

» ï) 70 » lia»

M » i5 » io3 »

En présence de Teau distillée 100 »

De ces nombres et d'une analyse du liquide écoulé, M. Duclaux a pu déduire l'épaisseur de la couche active qui s'est montrée, dans

tous les cas, très voisine de -=- de millimètre.

231. Effet d'un contact prolongé avec l'air. — Chacune des expériences précédemment citées donne un moyen de \ mesurer la tension superficielle. La valeur du moyen dépend

I • évidemment du degré d'exactitude que comporte l'expérience à

f laquelle on s'adresse. Cependant un fait général se dégage nette-

ment des mesures faites par les divers procédés. Toutes les fois que la surface liquide, si elle n'a pas pu être complètement abritée, comme dans les tubes, n'est du moins restée à l'air qu'un temps très court, la tension superficielle s'est montrée plus forte que lorsque le contact avec l'air a été un peu prolongé. Sur de l'eau exposée à l'air, il se forme toujours une sorte de feutrage plus ou moins serré, provenant soit des poussières de l'air, soit des résidus que l'évaporation laisse à la surface. Ce feutrage diminue considérablement la tension superficielle (^). On devra donc, dans les mesures

(*) M. Marangoni explique ainsi comment une aiguille aimantée, oscillant à la surface d'un liquide, peut avoir un mouvement plus lent que lorsque, complètement immergée, elle éprouve des résistances sur ses deux faces. Si dans le premier cas, en effet, sa face inférieure frotte seule contre le liquide, en oscillant elle laisse derrière elle des surfaces fraîches, dont la tension est plus considérable que celle des portions situées en avant, qui ont subi depuis un certain temps le contact de Tair: de là une résistance élastique, s'ajoutant au frottement. Mais Plateau, qui a découvert cette viscosité superficielle, avait trouvé que si certains liquides, comme Teau, les dissolutions salines, la glycérine,

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