DIFFUSION. — EXPÉRIENCES DE GRAH\M
leurs, au moyen d'un siphon capillaire, des échantillons que Ton analyse ; ou bien, si Ton veut mettre fin à l'expérience, on enlève le liquide au moyen du siphon, couche par couche, et Ton procède aux analyses.
Voici quelques nombres ainsi obtenus avec des solutions à lo pour loo, insinuées sous une colonne d'eau pure 7 fois plus haute, et abandonnées pendant i4 jours à une température sensiblement constante et voisine de lo""; après quoi le liquide a été enlevé par couches de 5o centimètres cubes chacune.
Poids^ pour 100, de substance diffusée^ dam chaque couche,
J\** des couches fi,i/v-|.-e Sulfate
commençai!
de sodium.
de
Sucre.
Gomme.
Tannin.
Albumine.
Caramel.
\T le haut'.
magnésie.
o,oo5
o,oo3
o,oo3
o,oo3
o,oo3
o,oo3
o,oo3
o,oo3
o,oo5
o,oo3
o,oo5
o,ii3
i5et 16
On peut aussi déterminer les temps que ces corps mettent pour se diffuser également; Graham a trouvé que ces temps étaient entre eux comme les nombres suivants :
Acide chlorhydrique i
Sel marin. 2,33
Sulfate de magnésie 7
Sucre 7
Albumine 49
Caramel 98
Ainsi, les divers corps présentent, au point de vue de la diffusibilité, des différences de même ordre qu'au point de vue de la volatl
lité. De même qu'à côté de substances très \olatiles, se réduisant rapidement en vapeur, comme Téther, on a des corps, la glycérine par exemple, qui n'émettent pas de vapeurs sensibles à la température ordinaire ; de même certains corps, tels que Tacide chlorhydrique, sontlrès diffusibles, tandis que d'autres, comme le caramel, ne le sont presque pas.
Les corps qui se diffusent le mieux sont les substances cristallisées, sel marin, sulfate de magnésie, sucre, etc., ou les liquides, acide chlorhydrique, acide sulfurique, etc. : ce sont les cristallotdes, Graham appelle au contraire colloïdes les substances analogues à la colle : gomme, albumine, gélatine, caramel, tannin, etc., dont la diffusibilité est très faible ou nulle. En réalité, ainsi que Ta remarqué H. Sainte-Claire Deville, les cristalloïdes sont les corps vraiment solubles; les colloïdes sont incapables de se dissoudre et donnent non point de véritables solutions, mais des gelées. La manière essentiellement différente dont se comportent ces deux classes de corps au point de vue de la diffusion fournit un moyen de séparer un cristalloïde d'un colloïde : telle est en effet l'origine de la dialyse.
Le tableau suivant montre comment il est possible de séparer partiellement deux sels mélangés (la quantité de chaque sel dissoute était de 5 grammes, et le temps de la diffusion encore i4 jours) :
Poids, en grammes^ de substance diffusée^ dam chaque couche.
i\" des couches
(en commençant par
le haut).
lO
i5 et iC
Mélange, à parties égales, de chlorure et de sulfate de sodium.
Chlorure de sodium.
o,io5 0,1 3o o,iGi
Sulfate de sodium.
o,oo5
Mélange, à parties égales, de chlorures de sodium et de potassium.
Chlorure
de sodium.
o,33o 0,359 0,418 o,5ii 0,552 o,6i5 1,385
Chlorure de potassium.