DIFFUSION. — EXPÉRIENCES DE JOLLY, ECKHARD, 6RAHAM, LUDWIG
Le poids d'eau qui a remplacé les a*"" de sel est donc 9*', i6 ; et par suite on a
pour I gramme de sel marin 4^', 38 d'eau.
Dans une autre expérience, faile avec a^^'^ de sel, on eut pour I gramme de sel marin 4*%32 d'eau;
et dans une troisième, avec o«',74 de sel,
pour I gramme de sel marin 4^',34 d'eau.
Jolly crut pouvoir conclure de ses expériences que, pour chaque substance, le poids d'eau qui se substitue à i gramme de la substance à travers une membrane est constant, et il nomma ce poids V équivalent endosmotiqtce de la substance. Cet équivalent dépend essentiellement de la membrane employée, à tel point qu'il n'est pas le même avec différents morceaux d'une même vessie de porc. Voici les valeurs moyennes pour une vessie de porc et les diverses substances indiquées à une température voisine de zéro (d'après Schmidt (*) ces valeurs ne sont pas très différentes à 10 ou à i5 degrés).
Acide sulfurique 0,89
Bisulfate de potasse a,3
Sel marin 4»3
Sulfate de cuivre 9,5
Sulfate de soude ii,i
Sulfate de magnésie 11,7
Sulfate de potasse 12,8
Potasse caustique 281,4
Alcool 4»2
Sucre 7,1
Mais bientôt la constance de l'équivalent endosmotique fut contestée par M. Ludwig (') d'abord, puis par M. Eckhard (*). Il est vrai que
(*) Schmidt, Pogg, Ann., CI! ; 1857.
(*) Ludwig, Zeitschrift fur die rationnelle Medicitij VIII; I8i9; et Lehrhuch der Physiologie des Menschen, l; 1S52.
(3) Eckhard, Pogg. Ann., CXXVIII, 61; 1866; et Beitrdge zur Physiologie, II, Giessen; 1870.
VioLLE, Cours de physique. — I. 46
les expériences de M. Ludwig soat peu précises, et quand on lui voit trouver successivement pour un même sel, au même degré de concentration et à la même température, 3 1,9, 21,0 et 8,0 comme équivalent endosmotique, on hésite à admettre sans réserve ses conclusions. Mais depuis les recherches de M. Eckhard, Tidée de JoUy ne parait plus soutenable. M. Eckhard opéra avec le péricarde de bœuf qui lui avait déjà servi dans une première recherche : celle membrane, après avoir dégorgé plusieurs heures dans Feau froide, se conserve identique à elle-même pendanttrès longtemps, à la seule condition qu*on la replace dans de Teau distillée froide après chaque expérience. Dans un tube fermé par cette membrane M. Eckhard introduisit d'abord une dissolution saturée de sel marin et du sel en excès, il plaça le tube dans un grand vase plein d'eau pure sans cesse renouvelée, et il arrêta Texpérience avant que tout le sel solide en excès eût disparu : il pesa alors le tube et détermina le poids du sel restant. Il obtint de celle manière 3,2 pour l'équivalent endosmotique du sel marin, en solution saturée, diffusant à travers le péricarde de bœuf. Il opéra ensuite sur des solutions diluées ; pour maintenir la constance de composition du liquide dans le tube malgré l'osmose, il fit passer la solution en un courant réglé de façon que la concentration ne diminuât que très peu par son passage dans le tube, et il dosa exactement le sel à l'entrée et à la sortie; il trouva ainsi, avec une solution à 22 parties de sel pour 100 d'eau, 2,88 comme équivalent endosmotique; et avec une solution à 12,5 de sel pour 100 d'eau, 2,34. L'équivalent diminue donc lorsque la concentration diminue; ou, plus exactement, il n'y a pas d'équivalent endosmotique.
C'est ce qui résulte encore des recherches de Graham (*), qui a établi que la diffusion à travers un septum n'est généralement pas parallèle à la diffusion simple : ainsi, avec des solutions diversement concentrées de sulfate de magnésie, il détermina pour chaque solution : 1^ la quantité de sel simplement diffusé après un temps toujours le même ; 2'' la quantité de sel remplacé par de l'eau dans l'endosmomètre; 3® l'élévation du liquide dans le même appareil, et il obtint les résultats suivants :
(*) GiiAHAM, PIliLTrans.; 1854.
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