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DIFFUSION. — ROLE DE LA MEMBRANE

Poids de sel dans loo parties d'eau a

Diffusion simple, sans membrane. Poids de sel diffusé . . a

Diffusion à travers une ) Poids de sel diffusé a

membrane (osmose) . j Hauteur dans Tendosmo mètre. 2

Graham vérifia aussi que rendosmose augmente avec la température, comme la diffusion simple, mais suivant une autre loi inconnue.

252. Rôle de la membrane. — Dans Tendosmose la membrane joue le rôle le plus important. Toute membrane organique doit être considérée comme criblée de pores extrêmement fins, trop petits pour permettre une filtration sensible (Feau ne filtre pas à travers une vessie), mais dans lesquels cependant les différents liquides peuvents'introduire et cheminer par capillarité. Cette absorption, qui dépend des actions moléculaires du liquide et de la paroi, varie considérablement avec les divers liquides pour une même membrane. Une vessie se gonfle et se ramollit dans Teau, tandis qu'elle reste dure dans Talcool. Au cours d'une série de recherches- concernant rinfluence que Teau exerce sur plusieurs substances azotées solides, M. Chevreul(^) a constaté que le tissu jaune élastique, préalablement desséché, absorbait 240 centièmes d'eau pure, et seulement 5y centièmes d'eau saturée de sM marin. Liebig (^) et M. Gloetta (^) ont confirmé le fait, et montré qu'une membrane plongée dans une dissolution saline se charge d'autant moins de liquide que la quantité de sel dissous est plus grande. En outre, comme Brucke (^) l'a remarqué le premier, le tissu perméable, attirant plus fortement Teau que le sel, s'imprègne d'un liquide moins riche en sel que le bain circonvoisin. M. Cloetta a trouvé en effet que la concentration du liquide absorbé par une vessie est moindre que celle du liquide extérieur : avec le sel marin, le rapport des deux concentrations est à peu près constant et égal à 0,80; avec le sulfate de soude, ce rapport varie de 0,39 à 0,57, la concentration

(^) Ghbvreul, Ann. de chim. et de phys,, (2), XIX, 52 ; 1821. ('] L1EBI6, Ann. de chitn. et de phys., (3), XXV, 374 ; 1849. (^) Glokttâ, Diffusionsversuche durch membranen mit zwei Sal:^n (Dissert, inaug.). Zurich; 1851.

(*) Brucke, loc, cit.

du liquide extérieur variant elle-même de 11,7 à 4,8 pour 100, M. Ludwig(*) a fait à ce sujet une expérience démonstrative : dans un flacon contenant une dissolution saturée de sel marin, il introduit un morceau de vessie sèche qui se gonfle d'eau, et bientôt on voit le sel se déposer en cristaux abondants, tandis que dans, un flacon témoin, renfermant seulement de la dissolution saturée, il n'y a pas trace de cristallisation. Dans la diffusion d'un sel à travers une membrane, on a donc en réalité trois couches liquides distinctes à considérer.

M. Lhermite (^) a étudié directement le cas de trois liquides superposés. Il a mis dans un même tube du chloroforme, puis de l'eau, et enBn par dessus l'eau de l'éther. Le chloroforme ne pénètre pas dans Feau, mais Téther s'y * répandant peu à peu arrive bientôt au contact du chloroforme, dans lequel il se diffuse. Ce mouvement persiste jusqu'à ce que la couche d'éther superposée à l'eau ait entièrement disparu. On observe alors que le chloroforme a augmenté de volume, tandis que l'épaisseur de la couche d'eau n'a pas sensiblement varié. Dans cette expérience le diaphragme formé par l'eau est imperméable à l'un des deux liquides qu'il sépare. De même une lame de caoutchouc placée entre de l'alcool et de l'eau ne se laisse pas traverser par Feau, mais livre passage à l'alcool qui se diffuse dans l'eau sous-jacente dont il augmente le volume. En général les choses sont plus compliquées, la diffusion s'opérant à la fois dans les deux sens, quoiqu'il n'y ait toujours qu'un courant capillaire.

Le phénomène est donc très complexe. S'il est déjà difficile de donner une explication théorique de la diffusion simple, combien ne doit-on pas être plus réservé encore dans le cas actuel!

253. Applications. — Les études précédentes ne sont cependant pas restées stériles : elles ont d'abord jeté quelque jour sur le mécanisme de l'échange des liquides dans les êtres vivants. En outre, d'importantes applications ont été faites que nous devons brièvement signaler.

(*) LuDwiG, loc. cit.

(*) Lhermite, C. R., XXXIX, 1 179; l8o4; et Ann, des $c. naL (bol.>, (4)Jir, 78.

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