Écoulement à travers les espaces capillaires
Les lois de l'écoulement restent les mêmes au travers des espaces capillaires, que ceux-ci soient fournis par une pipette Salleron à obturateur conique (Duclaux), par des plaques poreuses (Duclaux) (^), par des couches filtrantes (Brunhes) (^}, ou par des membranes animales (Schmidt) (*). 11 est particulièrement intéressant de noter que la filtration, dans toutes ses circonstances, est un phénomène exactement comparable à l'écoulement de l'eau à travers un tube capillaire (*).
(^) Haginbach, Pogg. Ann., GIX, 385 ; iSOO.
(') Nous venons de voir en effet que ralcool coule à travers un tube capillaire plus lentement que Teau : la durée d'écoulement ne mesure donc pas la viscosité au sens habituel du mot.
(') Roiri,]\rtiovo Cimento, III; 1870.
(^) Wabburg, Pogg. ilnn., GXL» 367 ; i870.
(*) Villari, Memorie deW Accademiadi Bologna {Z),iy] et Journal de physique, VI, 63; 1877.
(*) DncLAUX, Ann. de chim, et de phys., (4), XXV, 433 ; 1872.
C) BmuNHBs, Sur le passage des Uquides à travers les substances perméables et les couches filtrantes (Thèse). Toulouse; i88l.
(*) Schmidt, Pogg. Ann,, XCIX, 337; i856.
(*) Relativement aux membranes il faut toutefois remarquer que la quantité de liquide écoulé est proportionnelle à P — a, P étant la pression employée et a la pression limite sous laquelle la membrane, imperméable dans les conditions ordinaires, laisse transsuder le liquide.
7o0 PRlfîClPALES PROPRIÉTÉS DES LIQUIDES.
Malgré cette identité de loi, quand on détermine les durées d'écoulement relatives des divers liquides dans ces différentes conditions, ainsi que Va fait M. Duclaux, on ne trouve pas des résultats identiques. 11 faut donc admettre une influence de la paroi sur la vitesse d'écoulement. Cette influence parait tenir à l'épaisseur variable de la couche liquide adhérente au solide, épaisseur qui dépend à la fois des deux corps en présence.
Épaisseur de la couche liquide adhérente à une paroi mouillée. — Pour montrer que, quand un liquide circule dans un espace capillaire, il y a une couche immobile adhérente à la paroi, M. Duclaux prend un thermomètre à alcool coloré, amène à la partie supérieure de la colonne un peu d'alcool incolore, et chauffe le réservoir : on voit alors un jet d'alcool coloré percer, à la façon d'une vrille, la couche incolore, la traverser complètement, et venir s'étaler à la surface.
En mesurant à diverses reprises la longueur d'un index liquide, promené dans un tube qu'il mouille, on peut calculer le volume étalé sur les parois. M. Duclaux trouve ainsi pour l'épaisseur de la couche adhérente (*) :
Liquides. Épaisseur.
Eau o!^5o
Alcool à 90 0,64
Ether 0,25
S0^ HO ' 2,i3