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ÉLASTICITÉ. — CONDENSATION DES GAZ PAR LES SOLIDES

densation des gaz par les solides est un phénomène tout à fait analogue à leur dissolution dans les liquides.

Cùfidensation à la surface du verre. — Nous avons déjà eu plus d'une fois Toccasion de constater Tadhérence énergique des gaz à la surface des solides, et en particulier à la surface du Terre. MM. Jamin et Bertrand (^) ont fait à ce sujet une expérience instructive. Ils remplirent de verre pilé un ballon, y firent le vide aussi complètement que possible, et Tayant bien fermé ils Tabandonnèrenl à lui-même pendant vingt-quatre heures; au bout de ce temps ils purent en extraire de nouveau une quantité notable d'air.

Pour rendre le fait encore plus visible, ils introduisirent dans un ballon à long col, une bouillie faite de verre pilé et d'eau soigneusement privée d'air ; à peine commencèrent-ils à faire le vide dans l'appareil que le liquide se souleva et se mit à monter dans le col par suite du gonflement des atmosphères gazeuses adhérentes aux fragments de verre.

Dans ces conditions, la surface du verre est énorme. Avec les surfaces que présentaient les appareils employés par Reghault ou par Magnus (^) à la mesure de l'élasticité ou de la dilatabilité des gaz, la condensation est-elle capable d'altérer les résultats?

Pour le savoir, Magnus introduisit dans un de ses ballons 25o baguettes de verre, dont la surface représentait i3 fois celle du ballon (ce qui rendit 36 fois plus grande la surface en contact avec une même masse d'air), et sur l'appareil ainsi disposé il refit la mesure de la dilatation de l'air entre o"" et loo**; il ne trouva pas de différence appréciable. Avec l'acide sulfureux, la dilatation de o** à 100* fut 0,3896 au lieu de 0,3822 ; en admettant que cet accroissement provienne de ce que le gaz condensé à la surface du verre à o** s'est dégagé à ioo% Magnus conclut de là que i'""'^ de verre condense o"""%ooo8 d'acide sulfureux, quantité encore bien faible. Selon M. Chiozza, i""'» de verre condense o'""%oi57 d'acide carbonique sous la pression de i atmosphère.

M. P. Chappuis (^) a repris dernièrement ces déterminations, et il

(') Jamin et Bertrand, Ann, de chim, et de phys., (3), XXXIV, 341; 1852.

P) Magnus, Pogg. Ann., CXXl, 174 ; 186i.

(») P. Chappuis, Wied.Ann., VIII, 1 et 671 ; 1879.

a trouvé qu'une surface \itreuse de i^'^ôjS abandonne entre o* el i8o*:

•• Hydrogène 0«»,4B | Acide sulfureux I «*,03

Air 0 ,58 | Ammoniaque 1 ,4i

A loo*, la même surface ne laisse dégager que o**,63 d'ammoniaque ; elle retient donc encore la moitié du gaz' adhérent.

Condensation par le charbon. — Si la nature du gaz a son influence, la nature du corps solide influe également, ainsi que son état physique.

L'un des corps qui manifestent le plus nettement la propriété de condenser les gaz, est le charbon de bois éteint sous le mercure. Les gaz les plus solubles dans Teau sont ceux qu'il absorbe le plus facilement, et l'absorption est d'autant plus marquée que la température est plus basse ; elle cesse complètement vers loo"".

D'après Th. de Saussure, T""* de charbon de bois absorbe à la température ordinaire :

Ammoniaque .... ^6"^

Acide chlorhjdrique 85

Acide sulfureux. . . 65

Acide sulfhydrique . 55

Acide carbonique. . 35

Oxygène 9,25

Azote 7,5o

Hydrogène 1,75

De Saussure (^) remarque que l'acide carbonique ainsi condensé,

occupant environ les ^ du volume du charbon, est réduit au -^ de

son volume primitif, et par conséquent doit être en grande partie i un état voisin de l'état liquide. A l'appui de cette idée se placent les mesures calorimétriques de Favre et Silbermann (^), qui ont montré que la quantité de chaleur dégagée dans l'absorption du gai par le charbon est généralement considérable, parfois même supé-

(') Th. dk SAUssuni, lœ. cit.

(*) Favrb et SiLBËRMAMi, Afin, de chim. et de phys.j (3), XXXVil, 471 ; 1853.

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