ÉLASTICITÉ. — CONDENSATION DBS GAZ PAR LES SOLIDES
rieure à celle qui correspondrait à la solidification du gaz ; tel est, par exemple, le cas pour Tacide sulfureux.
M. Joulin(^) a récemment constaté que, pour les gaz peu condensables (oxygène, azote, hydrogène), la quantité de gaz qui se condense est, comme celle qui se dissout, proporlionnelle à la pression, et diminue à peu près proportionnellement à l'accroissement de la température, la saturation étant presque instantanée.
Condensation par les métaux; occlttsion. — Le platine, et particulièrement la mousse de platine condense énergiquementles gaz à sa surface ; la lampe sans flamme (^), le briquet à gaz hydrogène sont des applications bien connues de cette propriété. L'incandescence de la mousse de platine dans un courant d'hydrogène (Dœbereiner) atteste un dégagement de chaleur considérable; et en effet la mousse de platine absorbant 2S0 fois son Tolume d'hydrogène, si le Tolume des pores est le quart du Tolume total, le gaz se trouye réduit au
desouTolume primitif, et par conséquent à un état physique
assurément fort différent de celui où il était primitivement.
Le platine, chauffé dans une atmosphère d'hydrogène, fixe une certaine quantité de gaz qu'il retient même dans le vide. Ce phénomène, étudié par Graham (') sous le nom à'occlusionj est une yéritable absorption, indépendante de la surface.
Mais aucun métal n'absorbe l'hydrogène à un aussi haut degré que le palladium. Graham reconnut qu'un morceau de palladium forgé, mais non fondu, absorbait 376^''* de gaz à la température ordinaire, 643*''^ à 95**, SaS*""' à 245^^. La mousse de palladium retint des quantités de gaz plus considérables encore. Un fil de palladium, pris comme électrode négative dans de l'eau acidulée, absorba jusqu'à 982 fois son volume d'hydrogène.
MM. Troost et Haulefeuille(^) ont montré que, dans tous les cas, le palladium commence par former avec l'hydrogène un véritable
(«) JoDLiN, C. R., XC, 74! ; 1880.
(*) H. Saiote-Glaire Deville et M. Debray ont donné à Texpérience deDavy une forme remarquable : on chauffe au rouge un creuset de platine sur le chalumeau à gaz, on éteint celui-ci, et, quand le métal est sombre, on rend le gaz ; le creuset redevient rouge et se maintient tel indéfiniment.
(>) Grahak, Ann. dechim. et de phys.. (4), XIV, 315, etXVI, t88; 1868-69.
(*) Troost et Haotkfbuillb, Ann. de chùn. et de phy$,f (5), II, 273, et VII, 155 ; 1874-76.
hydrure Pt/*H, correspondant àrabsorpUon d'environ 600'"*, lequel condense en outre de Thydrogène en quantités Tariables selon les conditions de Texpérience. Cet hydrure* stable à la température ordinaire, se dissocie par la chaleur, sa tension de dissociation croissant graduellement avec la température pour devenir égale à la pression atmosphérique vers I35^
Le potassium et le sodium manifestent des phénomènes analogues. Le lithium et le thallium ne paraissent pas au contraire former de composés définis avec Thydrogène.
Le fer, la fonte et Tacier contiennent toujours des gaz occlus à leur intérieur (^). La fonte retient surtout de Thydrogène, et le fer de Toxyde de carbone, qu ils dégagent dans le vide à 800*.
Après avoir établi que l'argent solide retient des quantités notables d'oxygène qui ne se dégagent que* par Faction combinée du vide et de la chaleur, M. Dumas (') a montré que semblablement Taluminium chauffé dans le vide à la température du ramollissement de la porcelaine (i4oo^) donne un volume de gaz supérieur à celui du métal, et principalement formé d'hydrogène avec un peu d'acide carbonique, sans trace d'oxyde de carbone, d'oxygène, ni d'azote. De même le magnésium, au voisinage du rouge blanc, abandonne brusquement une fois et demie son volume d'hydrogène à peu près pur.