DIFFUSION. — PÉNÉTRATION A TRAVERS UN LIQUIDE
de soie revêtue de caoutchouc noir, contenant un morceau de flanelle pour empêcher le coUement des parois. De Textrémité inférieure de la trompe sort un courant continu d^air suroxygéné.
La pénétration se produit très bien sans qu'il y ait le vide de Tautre côté du septum en caoutchouc. Prenons un de ces petits ballons imaginés par Mitchell et devenus si communs aujourd'hui, remplissons-le d'air, et plongeons-le dans une atmosphère d'hydrogène après l'avoir entouré suivant un de ses grands cercles d'un fil inextensible. Nous verrons aussitôt le caoutchouc faire hernie de part et d'autre du fil, et le ballon se distendre peu à peu jusqu'à éclater. Tout le monde sait que le phénomène inverse se manifeste avec les ballons pleins d'hydrogène qui servent de jouets aux enfants : ces ballons se dégonflent très rapidement dans Fair en perdant leur gaz.
319. Pénétration & travers les liquides. — Expérience de Marianini, — Les phénomènes que nous venons de rappeler ressemblent beaucoup à ceux qu'a décrits Marianini (^) : on laisse tomber une bulle de savon pleine d'air dans un vase aux deux tiers
Fig. 56q
rempli d'acide carbonique. La bulle flotte d'abord à la surface de l'acide carbonique, et ce gaz se dissout à la surface extérieure de la bulle; une fois dissous, il se diffuse comme un liquide dans l'enveloppe liquide de la bulle et arrive à la surface intérieure, où il
(') Marianini, Ann. de chim. et depky8,y(3)j IX, 382; 1843, VioLLB Cours de physique. — I.
s'cvapore en augmentant à la fois le Toiume et le poids de la bulle. Celle-ci s'enfonce graduellement et en même temps se gonfle de plus en plus, présentant la série des colorations d*une lame qui s'amincit; elle se distend enfin jusqu'à éclater.
Recherches de M, Exner. — M. Exner (*) a essayé de déterminer les lois d après lesquelles un gaz traverse ainsi une mince paroi liquide.
A cet eCTet, il prenait un long tube de yerre, de 8 à lo millimètres de diamètre, gradué sur toute sa longueur. Ce tube, ouvert en A et muni en B d'un robinet, était mouillé intérieurement, puis plongé par l'extrémité A dans de l'eau de savon : une lamelle se formait en A, et on Tamenait à la division /i« en aspirant par l'extrémité C. On fermait alors le robinet B, et on mettait l'extrémité A en communication avec un récipient contenant le gaz à expérimenter, sous la pression atmosphérique. La lamelle ne tardait pas à se kV déplacer, et, si le gaz employé traversait la membrane Yc plus facilement que l'air, la membrane marchait vers % l'extrémité A. On attendait qu'elle eût pris une position fixe n^. Alors un volume d'air n^ s'était échangé contre un volume de gaz n,. Par conséquent, les quantités de gaz et d'air qui s'échangent dans un même temps à travers une lamelle liquide sont dans le rapport
Fig. 563
Sur les gaz qui pénètrent rapidement une lamelle liquide, on ne pouvait plus opérer ainsi, la lamelle étant brusquement projetée et déchirée. On est revenu alors à la bulle de savon de Marianini. La bulle, gonflée avec le gaz à étudier, se rapetissait dans l'air : une mesure rapide du diamètre au début et une autre à la fin, donnaient approximativement a^
Le tableau suivant renferme les résultats des expériences. On y a ajouté la densité d du gaz et son coefficient de solubi-
(>) EzNER, Sitzungsber. d. Wien. Akad.^ LXX, 465; i874.