‹ Cours de physique (volume 4)Chapitre 377 sur 402 · DIFFUSION. — PÉNÉTRATION A TRAVERS LES MÉTAUX · texte numérisé non relu

DIFFUSION. — PÉNÉTRATION A TRAVERS LES MÉTAUX

de cornue soumis au vent d'un fort soufflet. Un courant d'hydrogène traversait le tube de fer et se dégageait par un long tube vertical plongeant dans le mercure. L'appareil étant porté à une température élevée, on arrête le courant d'hydrogène en fermant à la lampe le tube qui l'amène : on voit alors le mercure monter dans le tube de dégagement jusqu'à 74 centimètres, c'est-à-dire presque à la hauteur du mercure dans le baromètre. Les parois du tube de fer ont donc fait l'office d'une véritable pompe, aspirant l'hydrogène pour le refouler dans l'atmosphère extérieure.

M. Caillctet (^) a passé au laminoir un morceau de canon de fusil, jusqu'à l'aplatir complètement, puis l'a soudé aux deux bouts, de manière à constituer une sorte de boite entièrement close qu'il a placée dans un bon feu de forge, en la séparant toutefois du charbon (de bois) par un tube de terre poreuse ; il l'a vue se gonfler et reprendre sa forme primitive. En l'ouvrant sur le mercure, il a constaté qu'elle était remplie d'hydrogène. Pour mesurer la pression sous laquelle l'hydrogène s'était introduit à travers le fer, il a adapté au tube aplati un petit tube de cuivre, relié à un manomètre à air libre : il a pu alors reconnaître qu'un tube de fer de 2 millimètres d'épaisseur revenait à sa forme primitive sous un excès de pression de 34 centimètres de mercure ; un tube de 24 millimètres d'épaisseur resta aplati, et l'absorption de l'hydrogène cessa au rouge sous une pression de 68 millimètres. En enlevant le manomètre, on voyait sortir du tube de cuivre, pendant tout le temps de la chauffe, un rapide courant d'hydrogène pur (*).

Enfin, H. Sainte-Claire Deville et M. Troost (^) ont encore signalé le passage de l'oxyde de carbone provenant de la combustion à travers la fonte des poêles chauffés au rouge (*). De son côté,

(*) Cailletet, C. R., LVllI, 327 et 1057; 1864.

(') M. Cailletet a même pu, dans des conditions spéciales, obtenir à la température ordinaire le passage deThydrogène à travers le fer. Une boîte plate, en tôle, fermée de toutes parts sauf en une petite ouverture munie d'un fin tube de cuivre, est plongée dans deTeau acidulée. De Thydrogène se forme à l'extérieur, et au bout de quelque temps une certa^ie quantité de ce gaz a traversé la tôle et se dégage sous pression par le tube de cuivre.

(5) H. Saxnte-Claire Deville et Troost, C. R., LXVI, 83; 1868.

(^) Ce curieux phénomène de pénétration explique le malaise qu'occasionnent trop souvent les poêles de fonte. Pour éviter tout danger, il suffit de ne jamais les pousser au rouge.

Graham a constaté que le fer peut absorber à chaud environ - de

son volume d'hydrogène et 4jiS volumes d'oxyde de carbone. Ici donc encore se vérifie la relation entre la perméabilité d'un métal pour un gaz donné et la propriété qu'il possède d'absorber ce gaz quand la chaleur a convenablement dilaté ses espaces intermoléculaires.

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