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INSTRUMENTS D'OPTIQUE. — HISTOIRE DES INSTRUMENTS D'OPTIQUE

elle était faite d'un objectif convexe et d'un oculaire concave, en cristal de roche. L'année suivante, Galilée (*) ayant entendu parler de la nouvelle invention, se mit à l'œuvre et fabriqua sur le même principe une lunette qui donnait des images très nettes bien que grossies environ So.fois : elle lui permit de découvrir les satellites de Jupiter, les phases de Vénus et de Mars, les taches du Soleil, etc., etc.

Cependant pour l'observation du ciel cette lunette est très inférieure à celle de Kepler (?) où l'oculaire consiste en une lentille convergente placée au delà de l'image fournie par l'objectif : cette image se produit alors réellement et peut être examinée en même temps qu'un réticule déterminant avec le centre optique de l'objectif une ligne de visée invariable. Toutefois Kepler n'a pas indiqué cette propriété, si importante pour les mesures, surtout en physique. 11 laissa même à d'autres le soin de construire l'appareil dont il avait posé le principe; et plusieurs années s'écoulèrent avant que le jésuite Scheiner établît une lunette astronomique d'après les idées de Kepler. L'adjonction d'un réticule et l'adaptation de la lunette munie d'un réticule aux instruments de mesure sont d'une époque beaucoup plus récente ( 3 ).

Dans sa dioptrique, Kepler constitue une lunette terrestre avec un oculaire comprenant deux lentilles convergentes dont la première a pour effet de remplacer l'image aérienne renversée provenant de l'objectif par une autre image aérienne redressée (*).

avoir découvert le microscope. Des combinaisons de lentilles avaient déjà été tentées avec succès en Italie. Un médecin de Vérone, Fracastoro (Homocentricorum seu de stellis liber unus. Venise; 4538) dit que l'on voit les objets plus grands et plus rapprochés à travers deux lentilles qu'à travers une seule. Le napolitain Porta, dans sa Magie naturelle (éd. de 1589), parle d'une combinaison de besicles convexes et concaves permettant de voir distinctement les objets rapprochés comme les objets éloignés.

(') Gaulée, Nuncius sidereus. Venise ; 1610.

( 2 ) Kepler, Dioptrice. Augusta Vindelicorum (Augsbourg) ; 1611.

( 3 ) En 1634, Morin, professeur de mathématiques à Paris, remplaça sur un quadrant l'alidade par une lunette. En 1640-1641, l'anglais Gascoigne imagina le micromètre, dont les astronomes Auzout et Picard firent la première application importante en 1667, dans la mesure du degré entreprise par ordre de l'Académie.

(*) 11 y indique encore deux autres lunettes constituées Tune par un objectif convergent et deux oculaires concaves (ayant un grossissement double de celui que présente la lunette à un seul oculaire concave), l'autre par deux objectifs convergents et un oculaire convexe (ce qui réduit de moitié la longueur nécessaire avec un seul objectif).

Mais c'est au capucin Schyrl de Rheita (') qu'est due la lunette à quatre lentilles biconvexes, seule employée aujourd'hui.

11 y avait, dit-on, sur le phare d'Alexandrie an grand miroir au moyen duquel on pouvait voir les vaisseaux sortir des ports de la Grèce ('). Toute exagération mise de côté, cette légende doit contenir une certaine part de vérité : les propriétés des miroirs ardents furent très anciennement connues, et Ton a fort bien pu jadis les utiliser pour voir au loin (*).

En 1616, le jésuite Zucchi construisit un appareil grossier qui se composait d'un miroir creux dans lequel on regardait avec un verre concave tenu à la distance voulue ( 4 ). Le minime Mersenne ( 5 ) reprit et développa cette idée, mais sans la mettre en pratique, empêché bien à tort par Descartes. Vingt ans plus tard, James Gregory (*) proposa une combinaison analogue qu'il ne parvint pas à faire exécuter d'une manière satisfaisante, maisrqui fut ensuite réalisée par Hooke (1674). À la même époque, Newton en Angleterre et Cassegrain en France établirent des télescopes qui sont restés les types des appareils modernes. Le premier télescope de Newton date de 1668 et, quoique n'ayant que 6 pouces de long, il valait une lunette de 6 pieds d'alors, grossissant 3o à 4o fois ; en 1Ô71, Newton en fit un second, un peu plus grand, qui est conservé dans la bibliothèque de la Société royale et dont le dessin se trouve dans les Philosophical Transactions pour 1672. Peu après, Cassegrain, professeur au collège de Chartres, publia dans le Journal des savants la description d'un télescope qu'il dit avoir fait avant ceux de Newton et qu'il déclare à juste titre très supérieur. En effet, en remplaçant l'objectif par un miroir, Newton ne s'était proposé que d'éviter l'aberration chromatique ; Casse-

(*) Rhkita, Oculus Enochii et Elise, seu Radius sidereomysticus. Anvers; 1645.

( 2 ) Voir Libri, Hist. des se. math, en Italie y I, 215, 229.

( 3 ) Les miroirs conviennent aussi à l'observation des petits objets. Tout télescope peut servir de microscope catadioptrique, si on enlève l'oculaire et qu'on dispose l'objet vers l'endroit où se formait la dernière image réelle : le grand miroir donne alors une image réelle et amplifiée que l'on amènera aisément à une place (un peu au delà du centre) où l'on puisse commodément l'examiner avec un oculaire.

( 4 ) Wilde, Gesch. d. Optik, 1,307.

(') Mersenne, Phœnomena hydraulico-pneumalica, p. 96. Paris; 1644. ( 8 ) J. Gregory, Opticapromota; 1663.

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