INSTRUMENTS D'OPTIQUE. — HISTOIRE DES INSTRUMENTS D'OPTIQUE
grain, par l'addition d'un deuxième miroir courbé ea sens inverse, corrigeait l'aberration de sphéricité : en outre, son instrument était plus court et plus clair. Mais les avantages du système de Cassegrain n'ont été bien compris que de nos jours. C'est un télescope de Cassegrain que Warren de la Rue a fait fabriquer pour l'observatoire de Melbourne, où il rend les meilleurs services.
Tous ces premiers modèles étaient de petites dimensions et ne produisaient que des effets médiocres ( 1 ). Aussi furent-ils presque complètement abandonnés quand Dollond fut arrivé à construire des objectifs achromatiques (17 17). Mais le besoin croissant de mieux étudier le ciel et la difficulté d obtenir de grandes lentilles de bonne qualité ramenèrent bientôt aux miroirs, et en 1785 W. Herschell entreprit pour son observatoire de Slough (près Windsor) la fabrication d'un télescope dont le miroir, incliné de façon à éviter la perte de lumière qu'occasionne la réflexion sur le petit miroir plan dans le dispositif de Newton, avait 12 mètres de foyer et i m ,5o de diamètre ( 2 ). Ces proportions furent encore dépassées par lord Ross, qui installa en 1842 à Birr (Irlande) un télescope dont le miroir atteignait près de 17 mètres de foyer et î œ ,8o de diamètre. Enfin Foucault porta le travail des miroirs à un degré de perfection inconnu jusqu'alors qui rendit possibles les forts grossissements par l'oculaire et permit ainsi d'avoir des appareils d'une puissance considérable avec des dimensions moins colossales ( 3 ). En 1864, Foucault construisit dans les ateliers de Sécrétan un grand télescope (le miroir a 80 centimètres de diamètre) qui est à l'observatoire de Marseille; 11 avait commencé la construction d'un miroir de x m ,2o de diamètre lorsque la mort vint le frapper (1868); son œuvre fut exécutée par son élève, M. Martin; l'instrument fut fabriqué par Eichens sous la direction de M. Wolf
(*) Cependanl, en 1723, John Hadley présenta à la Société royale un télescope du système de Newton, dont le miroir avait 62 pouces et demi de foyer et qui produisait les mêmes résultats qu'une lunette d'Huygens de ii3 pieds de foyer.
( 2 ) On avait établi, pour le soutenir et le mouvoir, un assemblage énorme de poutres, de cordes et de poulies, dont Montucla. a donné le dessin dans son Histoire des mathématiques, III.
( 3 ) Les grands tubes ouverts sont souvent le siège de courants d'air qui dé* forment les images par les inégalités de réfraction qu'ils provoquent. Pour remédier à cet inconvénient, MM. Henry ferment le tube au moyen d'une lentille qui concourt à la production de l'image (télescopes catadioptriques).
et installé à l'observatoire de Paris en 1875. Le tube a 7 m ,3o de longueur. Le prisme et le microscope oculaire sont fixés à une alidade mobile dans un plan perpendiculaire à Taxe du télescope; cette alidade entraîne avec elle un chercheur coudé, dont l'oculaire se trouve à côté de celui du microscope. Tout l'appareil est monté sur un pied parallactique en fonte, de façon à suivre un astre dans sa marche. Mais la lutte entre les réflecteurs et les réfracteurs n'était pas finie ; ceux-ci viennent de remporter un grand succès
Fig. 428
avec la magnifique lunette coudée de M. Lœwy, récemment inaugurée à l'observatoire de Paris ( 1 ). Elle se compose de deux parties : l'une, qui part de l'oculaire, est dirigée suivant Taxe du monde; l'autre, implantée à angle droit sur la première, se termine par une boîte contenant l'objectif. La figure \iS indique la marche des rayons, partis de l'étoile A, reçus par l'objectif BC, réfléchis successivement sur les deux miroirs BD, EF, pour arriver enfin à l'oculaire ; et elle montre comment, en faisant tourner l'instrument entier autour de l'axe du monde et l'objectif autour d'un axe perpendiculaire, l'observateur peut, sans changer de position, explorer tout l'espace céleste. Le dessin ci-joint représente l'ensemble de l'équatorial, qui a été construit avec une rare perfection pour la partie optique par MM. Henry, et pour la partie mécanique par M. Gautier. L'objectif a 6o mc de diamètre et une longueur focale de i8 m : son pouvoir optique répond
(*) Vior La Nature du 18 avril 1891.