Formation des nuages et des brouillards. — Les tiuages
sont des amas de vapeurs condensées par le refroidissement dans les hautes régions de l'atmosphère. Pour nous rendre compte de leur formation, observons que l'air, lors même qu'il nous paraît parfaitement pur, est toujours un immense réservoir de vapeurs d'eau invisibles, résultant de l'évaporation qui se produit sans cesse à la surface des mers et des continents. La quantité de vapeur que l'air tient ainsi en suspension est d'autant plus abondante que la température est plus élevée. Dans nos climats, par exemple,
Tatmosphère contient en moyenne six fois plus de vapeur Tété que l'hiver. Or, si par une cause quelconque l'air se refroidit jusqu'à se saturer, les vapeurs se condensent et deviennent visibles en troublant la transparence de l'atmosphère.
Quant aux causes qui peuvent refroidir l'air pour amener la condensation des vapeurs, il en est plusieurs : les courants d*air chaud qui s'élèvent dans l'atmosphère (206) sont une des principales; en effet, l'air qui monte ainsi, subissant une pression de plus en plus faible, se dilate, et c'est cette dilatation qui, comme nous le verrons bientôt (249), est une source de froid intense qui suffit pour déterminer la formation des nuages. Les montagnes produisent le même effet en arrêtant les vents qui soufflent de la plaine et en les forçant à s'élever le long de leurs flancs. C'est pour cette raison qu'il pleut beaucoup sur les montagnes, et que les grands fleuves y prennent naissance. Un vent froid qui rencontre un courant d'air chaud et humide est encore une cause de refroidissement suffisante pour rendre les vapeurs apparentes.
Pour expliquer comment les nuages restent en suspension dans l'atmosphère, deux hypothèses ont été proposées par les physiciens. Dans l'une on admet que les vapeurs qui forment les nuages sont à Vétat vésiculaire, c'est-à-dire sous forme de vésicules extrêmement petites, creuses comme des bulles de savon, et remplies d'un air saturé moins dense que l'air ambiant, ce qui leur permet de flotter dans l'atmosphère comme autant de petits ballons. Dans la seconde hypothèse, les nuages sont formés d'un amas de gouttelettes pleines, excessivement petites, qui restent en suspension dans l'air par suite de leur faible poids, de même qu'on y voit flotter les poussières légères entraînées par les vents. C'est cette dernière hypothèse qui est surtout adoptée aujourd'hui.
Les brouillards ne sont autre chose que des nuages qui occupent les basses régions de l'air, et comme eux ils résultent de la condensation des vapeurs atmosphériques par refroidissement. Par exemple, c'est ainsi que se forment les brouillards qui se répandent, après le coucher du soleil, au-dessus des rivières, des lacs et des prairies humides. En effet, l'eau se refroidissant moins vite que le sol par le rayonnement, à cause des courants descendants et ascendants qui se produisent dans sa masse (198) , il en résulte qu'au-