‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 135 sur 196 · EFFETS NUISIBLES DE COLORATION DANS LES LENTILLES, ACHROMATISME · texte numérisé non relu

EFFETS NUISIBLES DE COLORATION DANS LES LENTILLES, ACHROMATISME

301 . Aberration de réfrangibilité. — En faisant connaître les

propriétés des lentilles, nous avons passé sous silence un inconvé-

3fti LIIMIKKE.

nient grave qu'elles présenteoL : c'esl qu'à une' certaine distance, les objets vus à travers ces verres paraissent entourée d'une frange irisée, qui latigue la vue et nuit beaucoup il la netteté des images. Ce ptiénomène, dont nous n'aurions pu donner la cause avant d'avoir fait connaître la décomposition de la lumière par 1^ prismes, est maintenant facile h. expliquer. Pour cela, observons que les lentilles, agissant sur la lumière à la manière des prismes, n'impriment pas seulement une déviation au faisceau lumineux qui les iverse, mais qu'elle»

les sept couleurs du spectre. Il ne se produit donc pas un foyer unique, comme nous l'avons admis jusqu'ici, mais sept foyers distincts, dont un pour chaque couleur simple. En ofTet, les rayons violets, qui sont les plus réfrangibles , s'infléchissant davantage, à l'entrée et ù la sortie, vont converger en v assez près de la lentille [fig. 3)0) ; tandis que les rayons rouges, s'infléchissant moins, vont concourir plus loin en r. Entre les points t! et r se forment les foyers indigo, bleu, vert, jaune et orangé. On voit donc qu'une lentille biconvexe tend h. donner, de l'objet qu'on regarde au tra\ers, sept images inégalement colorées. Ces images se superposant en partie, les sept couleurs se recombinent dans la partie centrale sans nuire â la netteté de la vision, mais sur les contours restent les couleurs extrêmes du spectre, c'est-â-dire surtout le rouge et le bleu.

Cette coloration fâcheuse des images est connue sous le nom d'/it>erraUon de réfrangibitlté. Nous allons voir comment on parvient à la corriger dans les instruments d'optique.

303. Lentnin rncbromatiquei — Newton ayant annoncé, d'après des expériences qu'il avait faites à ce sujet, que la lumière ne pouvait être déviée sans se décomposer, on admit longtemps que le défaut de coloration que présentent les lentilles était irrémédiable. Mais Dollond, opticien anglais, ayant reconnu que cerlains verrez, doués de pouvoirs réfringents différents, pouvaient cependant diiperser également la lumière, c'est-à-dire donner au spectre le

Page 1