RedfeuemeBt dei image* dani la chambre noire. — Lori
qu'on veut reproduire, dans la chambre noire, un monument, une vue, un paysage, il importe de redresser l'image. Pour cela, on dispose l'appareil comme le montre la figure î!9. Un peu au-dessus du trou par lequel entrent les rayons, on adapte un miroir plan, incliné de manière à les renvoyer sur une lentille convergente fixée à l'extrémité d'un tube. Au-dessous de cette lentille, à la distance de son foyer, est un écran blanc sur lequel viennent se peindre les objets extérieurs. Les images ainsi obtenues, redressées par l'effet de la réflexion sur le miroir plan, ne sont pas seulement admirables de vérité et de coloris, mais, ce qu'aucun autre
genre de reproduction ne saurait faire, elles reproduisent les mouvements. En effet, si la chambre noire est établie devant une promenade , une place publique , on voit l'image des passants traverser l'écran , et cela avec une telle fidélité qu'on peut les reconnaître.
La chambre noire fournit ainsi un spectacle amusant; de plus, elle peut être avantageusement utilisée dans l'art du dessin, car même une personne qui ne sait pas dessiner peut suivre avec un crayon les contours de l'image et la fixer sur l'écran. Toutefois, lorsqu'on veut appliquer la chambre noire au dessin, on lui donne ordinairement la disposition ci -après.
320. Chambre noire portative. — Lorsqu'on veut prendre des vues avec la chambre noire, il est nécessaire qu'elle soit portative, et
Fig. 23i. ~ Marche des rayons dans la chambre noire
à prisme.
pour cela elle doit être légère et d'un petit volume. Pour obtenir ce double résultat, on a construit différentes sortes de chambres noires ; la plus simple et la plus commode est celles de M. Charles Chevalier, représentée dans la figute 230. Elle se compose de trois pieds de bois portant à leur partie supérieure un disque de même matière; celui-ci est entouré d'un rideau noir qui forme une petite tente sous laquelle se place le dessinateur. Au centre de la tente est une planchette portée par les trois pieds , sur laquelle se projette l'image qu'on veut dessiner. Cette planchette se démonte, les pieds sont à charnière en leur milieu, en sorte que tout cda se ploie sous un très -petit volume. Enfin, au haut de Tappareil, dans un tube de cuivre ouvert latéralement, est un prisme de
DAGUERREOTYPE 395
verre qui produit identiquement l'effet du miroir incliné et de la lentille dans la chambre noire décrite ci -dessus (fig. 229). Pour cela , la première face du prisme est convexe, comme le représente la figure 231. Il en résulte qu'en entrant dans ce prisme les rayons deviennent convergents; puis subissant, sur la grande face m, la réflexion totale (277), ils sont renvoyés vers la troisième, d'où ils sortent, enfin, avec la même convergence que s'ils avaient traversé une lentille; c'est ce qui fait qu'ils vont reproduire en aô, sur la planchette, l'image de l'objet AB d'où ils sont partis. C'est
ensuite cette image dont le dessinateur prend les contours sur une feuille de papier (fig. 230).
DAGUERREOTYPE.
321. Historique de l'invention du daguerréotype. — Le daguerréotype est une petite chambre noire, dans laquelle on fixe les images sur des plaques métalliques au moyen de l'action qu'exerce la lumière sur certaines substances chimiques. C'est-à-dire que c'est le soleil qui devient ici dessinateur; de là le nom d'héliograpaie (dessin par le soleil) qu'on donna d'abord à ce nouvel art; mais, quoique peu harmonieux, le mot de daguerréotypie a prévalu, du nom de l'inventeur, ou plutôt de l'un des inventeurs, car deux noms sont intimement liés à cette grande découverte : ceux de Nicéphore Niepce et de Daguerre.
A ce sujet, M. Francis Wey a publié dans le Musée des familles , n** de juin et de juillet 1853, deux articles pleins d'intérêt. Il y fait avec impartialité l'historique de l'invention du daguerréotype, et raconte avec charme comment Niepce, à Châtillon -sur- Saône, et Daguerre, à Paris, cherchaient chacun de leur côté à fixer les images de la chambre noire, lorsque M. Charles Chevalier, leur confident à tous les deux depuis plusieurs années, apprit à Daguerre qu'un provincial , un amateur retiré à la campagne, s'occupait des mêmes recherches que lui. Cette communication inquiéta Daguerre, qui écrivit à Niepce, lui disant que depuis longtemps lui aussi cherchait l'impossible. Ce dernier ne répondit qu'avec défiance; cependant, dès lors s'établit entre eux une correspondance de laquelle il résulte qu'au commencement de 1827 Daguerre n'avait
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encore rien trouvé, tandis qu'à cette époque Niepce parvenait déjà à reproduire sur des écrans convenablement préparés des points de vue pris d'après nature ; seulement , il lui fallait pour cela un temps considérable, dix à douze heures. Enfin, en 4829, les deux inventeurs s'associèrent et firent un traité pour exploiter en commun leur découverte. Mais Niepce mourut quatre ans après, pauvre et ignoré, laissant son œuvre inachevée.
Daguerre, demeuré seul possesseur des procédés de son associé, continua ses recherches dans un profond secret encore pendant cinq années. Il paraît qu'il craignait d'être devancé; en effet, M. Francis Wey, d'après M. Charles Chevalier, rapporte une curieuse anecdote. Vers cette époque, un inconnu, jeune encore, à Textérieur pauvre et maladif, se présenta un jour à la boutique d'opticien de M. Charles Chevalier, située alors quai de l'Horloge; là, après avoir marchandé quelque objet nécessaire à ses recherches, il dit qu'il travaillait à fixer les images de la chambre noire et que déjà il pourrait obtenir des résultats dignes d'attention s'il avait de meilleurs instruments. A l'appui de ces paroles, il tira de sa poche une image distincte, sur papier, laquelle représentait des toits et des cheminées, et dans le lointain le dôme des Invalides, ce qui prouve que le pauvre inventeur habitait quelque mansarde. Il montra aussi une petite fiole contenant une liqueur brune avec laquelle, dit-il, il opérait. Cet inconnu, mort sans doute de misère, ne reparut pas, ne laissant pas même un nom de plus à inscrire j sur le martyrologe des inventeurs. Il avait oublié sur le comptoir sa petite fiole; quelques mois après, M. Charles Chevalier la remit à Daguerre, qui essaya le liquide, mais sans succès. A la, même époque, un Anglais, M. Talbot, cherchait lui aussi et trouvait la fixation des images, comme nous le verrons ci-après. La grande découverte semblait donc prête à surgir de plusieurs points, elle était dans l'air, lorsque Daguerre, en i 839, annonça qu'il était parvenu à fixer, en quelques minutes, les images de la chambre noire sur des plaques métalliques. Dans la même année, il rendit publics ses procédés, moyennant une rente viagère dont il porta lui-même le chiffre à 4000 francs pour lui et autant pour le fils de Niepce; mais la part du premier fut portée à 6000 francs, parce qu'il faisait connaître en même temps ses procédés de peinture pour le