DAGUERRÉOTYPE
diorama. C'était bien peu pour une découverte qui illustrait la France, et qui depuis lors a fait gagner des millions aux fabricants
de Paris!
322. Procédé de Daguerre. — Le procédé de Daguerre consiste à recevoir les images de la chambre noire sur des plaques de cuivre argentées et polies, préalablement recouvertes d'une couche sensible, c'est-à-dire d'une substance qui les rende propres à recevoir l'action de la lumière. Cette substante est Xiode, corps simple qu'on extrait des plantes marines, et qui, quoique solide, répand constamment des vapeurs, môme aux températures ordinaires. En exposant la plaque argentée à ces vapeurs, pendant deux minutes environ, l'iode s'unit à l'argent sous une couche extrêmement mince, en formant un composé connu en chimie sous le nom àHodure d'argent. C'est alors que la plaque est impressionnable à la lumière, et que, placée dans la chambre noire, au foyer d'un verre lenticulaire par lequel entrent les rayons lumineux , elle reçoit leur mystérieuse action. Si l'on regarde alors la plaque, on ne voit encore aucune trace d'image; pour que celle-ci devienne visible, il reste à exposer la plaque pendant quelques minutes à des vapeurs de mercure. En se déposant seulement sur les parties qui ont été éclairées, ces vapeurs forment un amalgame d'argent qui donrit3 les blancs de l'épreuve, tandis que les autres parties restent noires.
Tel était le procédé de Daguerre; mais il présentait encore plusieurs imperfections : les plaques préparées comme ci-dessus exigeaient dix à douze minutes d'exposition à la lumière solaire, ce qui rendait l'opération tout à fait impropre à la reproduction des portraits; de plus, les images n'étaient point adhérentes aux plaques, et la moindre friction les détruisait; enfin, elles miroitaient d'une manière très-désagréable. Tous ces défauts ont été heureusement corrigés par un même héliographe, M. Fizeau. Cet habile praticien trouva d'abord que le brome, substance liquide qui a beaucoup de rapport avec l'iode, exaltait considérablement la sensibilité des plaques. En effet, lorsque celles-ci ont été soumises successivement aux vapeurs d'iode et de brome, on obtient des épreuves presque instantanées au soleil , et dans l'espace de 6 à 30 secondes à l'ombre. C'était là un immense perfectionnement; mais M. Fizeau parvint encore à fixer les images et à les empêcher
398 LUMIBBB.
de miroiter, mi versant sur l'épreuve une dissoluUon de cblonm d'or et d'bypoaulBte de soude, et en chauffant légèreEMatv Dans cetla opération , l'or, en Eté rombinant il l'argent de la plaque et au mercure, rend celui-ci adhérent; en même temps les clairs de l'épreuve acquièrent un remarquable accroissement d'intensité. De-
Fig. t3ï, — Dagoeiriotypf.
puis, de nombreux praticiens ont successivement coopéré à l'am^ lioration des épreuves daguerriennes; aussi, entre des mains habiles, sont-elles arrivées aujourd'hui k une pcrTection presque idéale.
La figure 332 représente l'appareil qui constitue le daguerréotype- C'est une boite rectangulaire de bois, faisant l'office de chambre noire. A la face antérieure est fixé un tube de cuivre dans lequel est un objectif convergent. Dans la face opposée , qui est à tirage de manière à être écartée plus ou moins de l'objectif, est un verre dépoli sur lequel vient se former l'image de la personne