B»ttene 41eotrii)ue. — Une batterie électrique est une
CONDENSATEUBS ÉLECTRIQUES. 4&9
réunion de plusieurs grandes bouteilles de Leyde placées dans une caisse de bois (fig. S7J). Toutes les armatures intérieures communiquent entre elles par des tiges métalliques qui vont se réunir il un boulon central commun ; quant au\ armatures eitérieures, elles sont en communication par une feuille d'élain qui revêt le fond de la caisse, et sur laquelle elles s'appuient. Une batterie se charge comme la bouteille de Leyde ordinaire, en faisant communiquer l'armature intérieure avec la machine électrique au moyen d'une
tige métallique, et l'armature extérieure avec le sol par une chaîne. Les bocaux qui composent une batterie prennent le nom de Jarres. Leurs parois sont recouvertes d'élain en dedans comme en dehors, et les feuilles d'élain intérieures ne communiquent que par une petite chaîne métallique au boulon de chaque jarre. Plus celles-ci sont nombreuses et plus leurs armatures présentent de surface, plus on peut y accumuler d'électricité; mais aussi plus il faut de temps pour charger la batterie. Sur l'une des jarres on place un petit éleclrom&tre à cadran, qui sert à faire connaître te degré de charge de l'appareil; il ne prend jamais qu'une faible divergence, l'électricité qui s'accumule dans les jarres étant en
partie dissimulée par le fluide contraire attiré sur les armatures extérieures.
La batterie une fois chargée, on enlève le conducteur qui établit la communication avec la machine, en ayant soin, pour cela, de faire usage d'un crochet à manche de verre, afin d'éviter la commotion, qui pourrait occasionner des accidents graves quand la batterie présente une grande surface. On la décharge ensuite en faisant communiquer entre elles les deux armatures au moyen de l'excitateur; mais ici, au lieu de faire usage de l'excitateur simple représenté dans la figure 271, on en prend un à manche de verre, comme dans la figure 276, et on a soin de toucher d'abord l'armature extérieure.
368. Ëleotromètre oondemateur. — Nous terminerons l'étude des condensateurs par l'application qui en a été faite par Volta à l'électromètre à feuilles d'or. On a vu que ce dernier est un appareil très-sensible pour accuser de faibles quantités d'électricité (354); or, il acquiert une sensibilité bien plus grande lorsqu'on y ajoute deux disques ou plateaux condensateurs, comme le représentent les figures 273 et 274. Le disque inférieur est soudé à la tige t qui porte les feuilles d'or; le disque supérieur est muni d'un manche de verre par lequel on l'enlève à volonté. Les deux disques sont en cuivre jaune et recouverts, sur les faces qui se regardent et sur leurs bords , d'une couche de vernis isolant faisant l'office de la lame de verre dans les condensateurs précédemment décrits, mais qui , étant bien plus mince , augmente la force condensante de l'appareil.
Cela posé, pour constater des développements très-faibles d'électricité, on pose le disque à manche de verre sur le disque fixe, comme le montre la figure 273 ; puis, prenant le disque inférieur pour plateau collecteur, on met en contact avec lui le corps sur lequel on veut expérimenter, et en même temps on fait communiquer le disque supérieur avec le sol en posant le doigt dessus. Dans notre dessin, le corps mis en contact avec le plateau inférieur est un système de deux lames, zinc et cuivre, soudées ensemble. Or, on verra bientôt ( 382 ) que dans un pareil système, par le contact même des deux métaux, le zinc s'électrise positivement et le cuivre négativement. Ce dernier métal étant donc mis
en contact avec le plateau inférieur, lui cède de l'électricité négative, laquelle, agissant par influence au travers du vernis isolant des deux ptaleauï, attire sur le supérieur de l'électricité positive. Quand les éleclricilés contraires se sont ainsi accumulées sur les plateau», on relire d'abord le doigt qu'on avait posé sur le plateau
supérieur, puis ensuite la larae es. Les Teuilles d'or ne diverçenl pas encore, l'électricité négative du plateau inFérieur étant neutralisée par l'éleclricité contraire du plateau supérieur; mais si l'on enlève celui-ci, comme le montre la figure 874, aussitôt une partie de l'électricité du plateau fixe passant dans la tige ( et dans les feuilles d'or, celles-ci divergent. On constate ainsi la présenta de l'électricité dans des cas où elle échapperait complètement ii l'électromèlre sans condensateur, représenté dans la figure î59 ( page 44î ).
léLRCTHiniTK.
369. Effet! phyndogiquM. — Les effets de l'électricité se (livl§eiit
en effels physiologiques, physiques, mécaniques et chimiques. Tous I
Fig. Î7S.
d« la bonteille dg Lcyde.
sont d'autant plus énergiques qu'on Tait usage d'appareils électriques plus puissants, comme la bouteille de Leyde et les batteries. Les effets phi/siologiqves sont ceux que produit l'électricité sur les hommes et les animaux. Ils consistent en contractions musculaires brusques, accompagnées d'une sensation plus ou moins dou-
EFFETS DB l'élbctricitb. 463
loureuse. Lorsqu'on reçoit l'élincelle de la machine électrique, on n'éprouve qu'une légère piqâre; avec une petite bouteille la commotion se fait sentir jusque dans les coudes; avec une bouteille d'un litre, on la ressent jusque dans l'épaule; et jusque dans la poitrine, avec une bouteille plus grande.
La commotion de la bouteille de Leyde peut être donnée simultanément à un grand nombre de personnes. Pour cela, celles-ci doivent /dfre la chatne, c'est-à-dire se donner toutes la.main, comme le représente la Tigure Ï15 ; puis la personne qui est ï l'un des bouts de la cliatne tenant â la main une bouteille de Leyde chargée, c«'lle qui est à l'autre bout vient toucher le bouton de la
i par la dicbarge d'âne batterie.
bouteille; à l'instant tout le monde reçoit la commotion avec la même intensité. L'abbé Nollet donna ainsi, en présence de Louis XV, la commotion électrique à un régiment entier.
Avec les batteries, la commotion n'est plus supportable, et l'on s'exposerait ï des accidents graves en recevant la dédiarge d'une
batterie composée seulement de six jarres de moyenne grandeur. Avec des batteries plus puissantes on peut tuer des chats, des chiens et même des animaux plus forts. La figure 276 représente un chien tué par la décharge d'une batterie de neuf bocaux. Le collier, qui est métallique, est d'abord mis en communication avec l'armature extérieure, puis appuyant le bouton de l'une des branches d'un excitateur à manches de verre sur la partie postérieure de la
colonne vertébrale , on approche le bouton de l'autre branche vers rarmature intérieure, et à l'instant où l'étincelle jaillit , l'animal est foudroyé.
On cite au musée de Teyler, à Harlem, on Hollande, une batterie présentant 58 mètres carrés d'armature, dont la décharge, qui a quelque .
chose d'efifrayant, est capable de tuer on bœuf. Le Conservfttoire des arts et métiers de Paris, possède aussi une batterie très -puissante qui lui a été léguée par le physicien Charles.
370. Effeu phynquet. — Les effets physiques de l'électricité consistent en effets lumineux et en effets calorifiques. Nous avons déjà fait connaître les premiers en décrivant l'œuf électrique elle carreau magique (fîg. 265 et 266). Quant aux effets calorifiques, ils sont assez intenses non-seulement pour enflammer Téther, h poudre à canon , la résine pulvérisée , mais pour fondre et vdililiser les métaux.
Fig. 277. — Effet calorifiqae de l'électricité.
La figure 377 représente l'expérience de l'inflammation de l'éther. On verse ce liquide dans un \ase de verre dont le fond csl traversé par une petite tige de cuivre terminée par un boulon, et communiquant en dessous avec une chaîne qu'on met en contact avec farmature extérieure d'une bouteille de Leyde chargée; puis on approche le bouton de la bouteille de celui qui est dans le vase et au-dessus duquel doit s'élever un peu le liquide. Or, à l'instant où jaillit l'étincelle, on voit l'éther s'enflammer. Du reste, il n'est
l^g. n». — Fiisinn des Sis rpaalllqii
pas besoin d'une étincelle aussi intense que celle de la bouteille de Leyde pour faire cette expérience; elle réussit très-biea avec l'étincelle de la machine électrique. On peut même la rendre plus curieuse en montant sur le tabouret électrique, comme dans la figure !G1, et en enflammant le liquide au moyen de l'étincelle qui s'échappe du doigt. Un physicien anglais causa même ainsi une grande surprise en enflammant l'éther par une étincelle tirée d'un morceau de glace qu'il tenait à la main..
Lorsque la décharge d'une batterie se fait à travers un fil métallique fin, ce fil devient incandescent, et peut même être fondu et volatilisé, selon la force de la batterie.
Pour cette expérience, on fait usage de V excitateur universel, ainsi nommé parce qu'il est employé dans une foule d'expériences sur la décharge électrique. Cet appareil , représenté dans la figure 278 , se compose de deux tiges de cuivre A et B , isolées chacune sur un pied de verre. Ces tiges sont montées sur charnière, et de plus peuvent glisser dans leurs supports, de manière qu'on puisse los rapprocher plus ou moins et les incliner dans toutes les positions; enfin, entre ces tiges est un petit plateau de bois M destiné à recevoir les objets qu'on veut foudroyer.
Pour fondre des fils, on les fixe en i à deux boutons métalliques adaptés sur les tiges, puis faisant communiquer l'une de celles-ci avec Tarmature extérieure d'une forte batterie, au moyen d'une chaîne, on met l'autre en communication avec l'armature intérieure à l'aide de l'excitateur à manche de verre ou d'une chaîne fixée à une boule à manche de verre qu'on tient à la main. Au moment où l'étincelle éclate entre cette boule et la batterie, le fil, s'il est assez fin , est fondu en globules incandescents, et même volatilisé, c'est-à-dire réduit en vapeurs qui disparaissent dans Tatmosphère. S'il est plus gros, il n'est que rougi et répand un vif éclat, mais ne fond pas; enfin, plus gros encore, il est simplement échauffé, mais sans devenir lumineux.
Avec les puissantes batteries du musée de Teyler et du Conservatoire des arts et métiers, dont nous avons parlé plus haut, on peut fondre des fils de fer de 15 à 20 mètres de longueur. On peut aussi fondre des fils métalliques dans l'eau , même avec les batteries ordinaires, mais alors il est nécessaire que le fil soit plus fin et beaucoup moins long que dans l'air à cause du refroidissement occasionné par son contact avec le liquide.
371 . Effeu mécanique*. — On appelle effets mécaniques des batteries électriques, des ruptures, des déchirements, des expansions violentes, qui se produisent dans les corps mauvais conducteurs lorsqu'ils sont soumis à la décharge. Ces eflFets se démontrent ordinairement au moyen de l'excitateur universel. On place sur le plateau M le corps qu'on veut soumettre à Texpérience, en le met-
EFFETS DH l'elbctricite. 467
tant en conlact avec les deux boules qui lerminent les tiges A et B, en sorte que celles-ci ne peuvent recevoir la décharge sans la transmettre à l'objet situé sur le plateau. Or, si cet objet est, par exemple, un morceau de bois placé de manière à être frappé dans le sens des fibres, on le voit voler en éclat à l'instant oij jaillit l'étincelle.
La figure 379 représente un appareil connu, sous le nom de
perce-verre ou de perce-carte, et qui sert aussi à démontrer les déchiremenls produits par l'électricité. Sur une tubulure de verre est posé l'objet qu'on veut percer, une carte par exemple; en dessous est une tige métallique en communication avec un crochet auquel esL attaché un cordon métallique; en dessus est une tige de cuivre isolée. Faisant toucher le coMon à l'armature d'une bouteille de Leyde, on approche le crochet de celle-ci du boulon de la tige supérieure. A l'instant où l'étincelle éclate entre les deux boutons, une seconde étincelle jaillit entre les deux pointes, et perce la carte d'un petit trou à passer une épingle.
468 ELBCTRICITK.
Pour percer un corps plus résistant, une Jame de verre par exemple, une seule bouteille ne suffit pas, il faut une batterie. Celle du musée de Teyler peut percer de part en part un livre de 200 feuillets.
Nous ne parlerons point ici des effets chimiques de Télectricité; ces effets ont déjà été décrits en parlant du canon de Volta, et le seront bientôt plus en détail en traitant de la pile.