‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 182 sur 196 · SOI · texte numérisé non relu

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V De même que les courants onl une action directrice sur les aimants, réciproquement les aimants dirigent les courants. Pour le démontrer, on enroule en cercle un fil de cuivre dont les deux extrémités sont fixées à deux pointes d'acier qui plongent dans deux godets pleins de mercure [ fig. 394 ) ; ces godets communiquant par deux tiges et deux colonnes de cuivre avec les pôles d'une pile, on a un circuit mobile traversé d'une manière continue

par un courant. Or, ce circuit étant en repos, si l'on avance audessous et dans son plan même un fort barreau aimanté, « on voit le circuit tourner et s'arrêter transversalement au barreau; ce qui est la réciproque de l'expérience d'CErsted n.

V Le globe terrestre, qui agit comme un aimant sur les aiguilles magnétiques, agit de la même manière sur les courants mobiles, c'est-à-dire « qu'il les dirige perpendiculairement au méridien magnétique ». C'est encore avec l'appareil représenté dans la lîgure ci-dessus que l'on constate cette action. Pour cela , le courant ne passant pas encore dans le circuit, on le place dans la direction du méridien magnétique, puis on met les deux pôles de la pile en communication avec les colonnes; aussilàt on voit le circuit s'orienter et s'arrêter en croix avec sa première position, le courant se dirigeant de l'est à l'ouest dans la partie inférieure du

oOl ELECTRICITE.

3" Ampère ne se borna pas à faire agir les aimants et le magnétisme terrestre sur les courants, il chercha encore si ceux-ci exerçaient les uns sur les autres des actions analogues à celles qui existent entre les aimants ; or, il trouva que « deux courants parallèles de même sens s'attirent, et que deux courants parallèles de sens contraire se repoussent ».

4» Enfin , le même physicien ayant eu l'heureuse idée de multiplier le circuit de la figure 294, en enroulant le fil métallique un grand nombre de fois en hélice, comme le montre la figure 295, 1

donna à ce petit appareil le nom de solénoïde ( semblable à des { canaux ). Or, lorsqu'un solénoïde est posé sur les godets de l'appa- ' reil déjà employé pour les courants mobiles (fig. 294), on observe \

qu'il est orienté par la terre ab- |

solument conrnie une aiguille J

^ aimantée. De plus, si on lui pré- j

sente un aimant, la même extrémité d'un solénoïde est attirée [j^ par un pôle de l'aimant et re- „ ,, ., poussée par l'autre. Enfin, si on

Fig. 295. - Solénoïde. ^ ^ ' •

approche d un solénoïde mobile ' un autre solénoïde parcouru aussi par un courant , on observe entre leurs extrémités, leurs pôles, identiquement les mêmes attractions et les mêmes répulsions qu'entre les pôles des aimants.

399. Théorie d'Ampère sur le magnétisme. — Se fondant sur les phénomènes qui viennent d'être décrits. Ampère a donné une théorie ingénieuse qui rattache à une seule et même cause le magnétisme et l'électricité. Au lieu d'expliquer les phénomènes magnétiques par l'existence de deux fluides. Ampère les a attribués à des courants électriques qui se meuvent naturellement autour des molécules des substances magnétiques, dans des plans perpendiculaires à l'axe des aimants, c'est-à-dire à la droite qui joint leurs deux pôles. Par suite, les attractions et les répulsions qui s'exercent entre les pôles des aimants ne sont plus que la conséquence des actions mutuelles des courants sur les courants , selon qu'ils sont de même sens ou de sens contraires. Quant à Faction directrice du globe sur les aimants et les courants mobiles. Ampère l'a expliquée en admettant autour de la terre des courants dirigés

ELEGTRO -MAGNETISME.

parallèlement à l'équateur, de l'est à l'ouest. Ce sont ces courants terrestres qui orientent les aiguilles des boussoles, aimantent les minerais de fer, et dirigent les courants mobiles transversalement au méridien magnétique, c'est-à-dire parallèlement à leur direction. On admet que ces courants ont pour cause les variations de température qui se produisent sans cesse à la surface du globe par les alternatives successives des jours et des nuits.

400. Multiplicateur ou galvanomètre. — L'action directrice des courants sur l'aiguille aimantée, découverte par CErsted, conduisit bientôt un savant prussien, Schweiger, de Hall , à la construction d'un électroscope galvanique extrêmement sensible auquel on a

donné le nom de multiplica-

teur^ parce qu'il sert à multiplier l'action directrice du courant. On lui donne encore les noms de galvanomètre (qui mesure l'électricité galvanique), et celui de rhéomètre (qui mesure les courants).

Pour comprendre la théorie de cet instrument, considérons le cas où le courant ne passe pas seulement sur l'aiguille, comme dans la figure 293, mais passe dessus et dessous (fîg. 296). L'effet est alors doublé, car au lieu d'un seul courant, on en a deux, tendant également à faire tourner le pôle austral dans le même sens, puisque chacun de ces deux courants a sa gauche tournée du même côté, comme il est facile de s'en assurer en se reportant à l'hypothèse du bonhomme d'Ampère. Or, comme en continuant à enrouler le fil dans le sens de l'aiguille on multipliera encore l'effet, on est maître de rendre la force avec laquelle le courant tend à dévier l'aiguille aussi grande qu'on voudra; et, par suite, le courant le plus faible, le plus inappréciable par tout autre moyen, pourra agir sur Taiguille aimantée, qui servira ainsi non-seulement à constater l'existence d'un courant, mais à faire connaître le sens de sa propagation. C'est à ce double usage que sert le multiplicateur ou galvanomètre.

Cet appareil, représenté dans la figure 297, se compose d'un

Fig. 296. — Théorie du galvanomètre.

su

éLEGTBIC

pied de cuiireH sur lequel est posée une cage de verre; sousctiie cage est ud cerde gradué, et en dessous de ce cercle un cadre de bois autour duquel s'enroule un grand nombre de fois un fil fin, de cuivre ronge, recouvert de soie. Les bouU de ce fil traversent le pied de cuivre et se rendent h deux boutons de même métal m

Fig ÎB7 — GaliuiDiuètra [on mull pbciteat)

et n pldces au-deasoub EnQn, deux ti^es vertitales de laiton soutiennent un fli de cocon s auquel eat attachée une tige légère dans laquelle s implantent deu\ petites aiguilles aimantées, l'une ab au-de»sus du cddran 1 autre B qui n est visible qu en partie, est dans le circuit même formé par l'enroulement du fil. Ces deui aiguilles, qui ne peuvent tourner l'une sans l'autre, sont disposées de manière que leurs polès contraires soient en regard, c'esl-àdire le pâle austral a de la première au-dessus du pôle boréal B de la seconde. De la deux effets importants : d'abord , le magnétisme terrestre tendant à diriger ces deux aiguilles en sens contraires, il en résufte que si elles sont à peu près de même force, l'action directrice de la terre est presque nulle, et que, par suite,

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