ExpMenrc du tonneau d« Pu
o«l. — Pour vérifier combien sont puissantes les pressions exercées par Fig. 47. -TclilKMdePîBcal. ]^ liquides, même sous un très-petit volume, lorsqu'ils sont- contenus dans des vases d'une grande hauteur, Pascal fit à Rouen, en 1647, l'expérience suivante. Il fixa sur un tonneau de bois, très-solidement construit, un tube d'un trèspetit diamètre, mais de dix mètres de hauteur; puis remplit d'eau le tonneau et le tube. Or, aussitôt le tonneau éclata ( fig. 47 ) par l'effet des pressions qui se transmettaient sur les douves de dedans en dehors, pressions qui élafent les mêmes que si le tube qvail eu
partout le diamètre du tonneau, ou même un diamètre beaucoup plus grand (73).
7a. PvMM hydraulique. — Nous terminerons ce qui a rapport aux pressions des liquides par l'application qui a été faite du principe d'égalité de pression en tous sens (69) à la presse Aydrau-
/i9u£, appareil avec lequel un seul homme peut exercer despressioos considérables. Représentée en élévation dans la figure 48 et en coupe dans la figure 49, la presse hydraulique se compose de deux corps de pompe en fonte A et B, d'inégal diamètre. Dans le corps de pompe A, qui eet intérieurement d'un très-petit diamètre, s'engage une tige cylindrique a, formant piston, et pouvant s'élever et s'abaisser ^ l'aide d'un levier O. Dans le cylindre B, dont )e diamètre
inlérieur égale douze ou quinze fois celui du corps de pompe A, est un long cylindre de fonte C, qui forme aussi piston et peut glisser dans le cylindre B, tout en le fennant hermétiquement. A la partie supérieure du cylindreC est Sué un plateau de fonte K, montant et descendant avec lui. Enfin, quatre colonnes de fonte portent un deuxième plateau MN, qui est fine ; c'est entre les deux plateaux K et MN que sont placés les objets qu'on veut comprimer.
Cela posé, aussitôt qu'à l'aide du levier 0, on soulève le piston a, le vide se taisant dans le corps de pompe A, une soupape S, qui %t à sa partie inférieure, s'ouvre et laisse passer dans le corps de pompe de l'eau contenue dans un réservoir P. Quand le pislen a redescend, la soupape S se ferme, mais une soupape m, placée à
Kg. 4S. — Conpfi de U piene hj-dunliqne
la base du tube d, s'ouvre; par suite, l'ean i^oulée s'échappe par ce tuln qui la conduit dans le corps de'pmnpe B. Am second coup du piston a, une nouvelle quantité d'eau est aspirée du réservoir P et refoulée dans le corps de pompe B, et ainsi de suite.
Or, en vertu du principe de Pascal, la pression exercée de haut en bas par le petit piston a se transmet de bas en haut sur le pis- Ion C, et l'effet en est amplifié autant de fois que la surface du grand piston contient celle du petit. Par exemple, si la surface du piston C^^le 150 fois celle du piston a, et que la pression qu'on
exerce sur celui-ci, à l'aide du levier 0, soit de 80 kilogrammes, la pression qui tendra à soulever le piston C sera 150 fois ^0, ou 4S000 kilogrammes. Avec les grandes presses hydrauliques employées dans l'industrie, on exerce jusqu'à des pressions de 50000 kilogrammes. Ces énormes pressions sont transmises du piston C au plateau K, qui, en s'élevant , comprime les corps qui reposent sur lui.
La presse hydraulique est utilisée pour presser les substances dont on veut extraire le suc, par exemple, les graines oléagineuses dont on retire l'huile, les betteraves qui servent à la fabrication du sucre, les pommes dont on fait le cidre, etc. ; elle sert encore à comprimer les corps dont on veut réduire le volume, comme le foin, la laine, le coton, qu'on transporte à bord des navires. Enfin, la presse hydraulique peut être employée à soulever de lourds fardeaux. Par exemple, lorsqu'on a réparé la cathédrale de Strasbourg, la flèche a été soutenue, isolée dans l'air, sans autre support que quatre presses hydrauliques.