FONTAINE DE HÉRON
L'air comprimé pi'ésente les phénomènes suivants : une bougie y brûle plus activement que dans Tair; ce qui s'explique en observant qu'à volume égal la quantité d'oxygène est plus grande. Les animaux placés dans l'ail* comprimé ne paraissent pas y éprouver la moindre gène. Pour l'exécution de travaux entrepris sous la Loire, il y a quelques années, des ouvriers ont été soumis, à Tintérieur d'appareils à air comprimé, à une pression de 3 atmosphères sans en ressentir ^ucun embarras qu'un bourdonnement intense dans les oreilles, mais qui n'avait lieu qu'au moment où lexcès de pression commençait ou cessait, et qui disparaissait aussitôt que l'équilibœ était établi entre la tension de l'air contenu dans l'organe de l'ouïe et la tension de l'air extérieur.
430. Fontame de Héron. — Là fontaine de Héron est un appareil à l'aide duquel on peut obtenir artificiellement un jet d'eau continu pendant plusieurs heures. Inventée par Héron, né à Alexandrie, 120 avant J.-C, cette fontaine se compose de deux globes de verre réunis par deux tubes de cuivre, et surmontés d'une cuvette de même métal (fig. 92). Au fond de celle-ci est un trou dans lequel passe nn tobe court, placé entre les deux premiers et destiné à dcaner écoulement au jet. On commence par retirer ce petit tube, pai» par Forifice qu'il laisse ouvert, on remplit d'eau le globe supérieur. Cela fait, on remet le petit tube en place et on verse de l'eau dans la cuvette. Or, le long tube figuré sur la gaucho du dessin, allant de la cuvette jusqu'au bas du globe inférieur, le liquide descend dans ee dernier, et en chasse l'air qui s'y trouve, en le refoulant, par le tube de droite, dans le globe supérieur. Li tension de l'air, dans celui-ci, se trouvant alors augmentée de tout le poids de la colonne d'eau qui descend de la cuvette au globe inférieu», le liquide jaillit avec force par le tube du milieu, comme
le montre le dessin. D'ailleurs, l'eau qui jaillit ainsi retombant dans la cuvette, celle-ci se remplit d'une manière continue à mesure que l'eau qu'elle contient se rend dans le globe inférieur; d'où il résulte que le jet persiste jusqu'à ce que le globe supérieur soit vide.
431. Fontakie întemiittente. — Ldi fontaine intermittente ^i un petit appareil'à écoulement discontinu qui sert à démontrer, dans les cours de physique, les effets de la pression atmosphérique et de l'élasticité de l'air. H se compose d'un globe de verre a
( Gg. 93 ) plein d'«au, et supporté par un fort tube d de cristal et creux. Ce globe, qui est fermé à sa partie supérieure par un bouchon de verre, est garni, à sa partie inférieure, de deux tubu-
Fig. 91. — FonUiue de HérOD.
Jures à petit diamètre, qui restent toujours ouvertes, et qui cependant ne donnent qu'un écoulement intermittent à l'eau qui est dans le vase. En voici la cause : le tube d, qîii est ouvert aux deux bouts, se prolonge par en haut Jusqu'à la partie supérieure du globe, et par l'autre extrémité il est fixé à un support c plac*
INTEKHITTENTi:.
au milieu d'un grand vase. Or, ce support est percé de petits trous qui donnent passage à l'air pour monter dans le tube et pénétrer dans le globe a. Cela posé, à mesure que l'eau s'écoule de celui-ci.
Fig. ta. — Ponl
l'air y rentre par les orifices c, et la pression intérieure restant constante, l'écoulement continue. Hais peu à peu, par suite de l'eau qui tombe dans le grand vase, le niveau s'y élève au-dessus des orifices e, et alors l'air ne peut plus rentrer dans le globe a. A partir de ce moment, l'air se raréfiant de plus en plus dans celui-ci, il mesure que l'écoulement continue, il arrive bientôt que
15i ENCRIER SIPUOÏDE.
la tension inlérieure devient moindre que la pression almosphérique exléheure qui s'exerce sur l'orlGce des tubulures. Cette pression s'oppose donc ii la sortie du liquide et l'écoulement s'arrête. Pour qu'il recommence, il faut que l'air puisse pénétrer de nouveau dans le tube d, et, pour cela, il faut que les oriGces c ne soient plus ^us l'eau. A cet effet, le grand vase où tombe l'eau porte un oriQce m qui laisse échapper le liquide en quantité un peu moindre que ce qui est fourni par les deux tubulures supérieures; lors donc que le niveau, dans le grand vase, est descendu au-dessous des oriGces c, l'air rentrant aussitôt, l'écoulement recommence, et ainsi de suite jusqu'à ce que le globe a soit complètement vide. (34. Enorier ftpbolde. — L'encrier siphoîde, qui a pour but de ^ .^ s'opposer à l'évaporation de l'encre
~ ~ ' en la préservant autant que possi-
ble du contact de l'air, est une ingénieuse application de la pression atmosphérique et de l'élasticité de . Il se compose d'un vase de verre, en forme de pyramide tronquée, clos de toutes parts, saut vers sa partie inférieure à laquelle est soudée une tubulure toujours ouverte [fig. 94). L'encrier est en partie plein d'encre, et au-dessus de Fig. s*. — Encrier uphoîds. cdie-ci est de l'air. Le niveau intérieur étant un peu plus haut que dans la tubulure, il en résulte que la tension de l'air renfermé dans l'encrier est un peu moindre que la pression atmosphérique qui pëse sur le liquide de la tubulure. Cela posé, à mesure qu'on puise de l'encre dans celle-ci, son niveau baisse et finit par être plus bas que le point o. A ce moment, une bulle d'air pénètre dans l'intérieur et vient s'ajouter à l'air qui y est déjà. La force élastique augmentant aussi lit, le niveau baisse dans l'encrier et monte dans la tubulure, et ainsi de suite jusqu'à ce que le niveau intérieur atteigne le point o. 11 faut alors introduire de nouveau de l'encre dans l'encrier, ce qui se fait en versant le liquide par la tubulure, en ayant soin d'incliner en même temps l'encrier dans le sens opposé.