SON MUSICAL
rents. Le premier est plus bas ou plus grave, le second plus haut ou plus aigu.
En général, on nomme sons graves ceux qui correspondent à un petit nombre de vibrations, et sons aigus ceux qui résultent d*un grand nombre de vibrations. Toutefois, la gravité ou Tacuité des sons n'est que relative : tel son grave comparativement à un autre, peut être aigu par rapport à un troisième. C'est une succession bien ordonnée et une combinaison heureuse de sons graves et de sons aigus qui constituent Fart de la musique.
459. lâmîte des loni peroeptîblei. — Savart, physicien célèbre par ses travaux sur l'acoustique, mort à Paris en 1841, a cherché quelle était la limite des sons les plus graves et les plus aigus que puisse percevoir l'oreille. A l'aide d'appareils inventés par lui pour ce genre de recherche, il a trouvé que la limite des sons les plus graves correspond à 1 6 vibrations complètes par seconde. Pour un nombre de vibrations moindre, tout son disparaît. Le même physicien a trouvé que la limite des sons les plus aigus est de 48000 vibrations par seconde. Entre ces deux limites, on voit quelle immense quantité de sons on peut obtenir. Toutefois, les sons usités en musique, surtout pour le chant, sont beaucoup plus restreints. En comparant la voix humaine au son d'instruments dans lesquels le nombre des vibrations était connu, on a trouvé que la voix de l'homme fait 190 vibrations par seconde pour les sons les plus graves, et 678 pour les sons les plus aigus. Chez les femmes, les sons les plus graves de la voix correspondent à 572 vibrations, et les plus aigus à 1 606.
Deux sons correspondant à un même nombre de vibrations sont dits à Yunisson,
460. Échelle mutioale, gamme. — Notre oreille ne distingue pas seulement, entre plusieurs sons donnés, lequel est le plus grave ou le plus aigu, mais elle peut encore apprécier les rapports qui existent entre les nombres de vibrations correspondant à chacun de ces sons; non pas que nous puissions reconnaître précisément si pour un son leur nombre est deux, trois fois plus grand que pour un autre ; mais toutes les fois que les nombres de vibrations de deux sons successifs ou simultanés sont dans un rapport simple, ces sons excitent sur nous une impression agréable, qui varie avec
le rapport des vibrations des deux sons et que l'oreille sait trèsbien reconnaître. De là résulte une série de sons caractérisés par des rapports qui ont leur origine dans la nature même de notre organisation, et qui constituent ce qu'on appelle Y échelle musicale.
Dans cette série, les sons se reproduisant dans le même ordre par période de sept, chaque période se désigne sous le nom de gamme, et les sept sons ou notes de chaque gamme, par les noms ut, ré, mi, fa, sol, la, si. Les six premiers noms ut, ré, mi.... sont les premières syllabes des six premiers vers de l'hymne qu'on chante pour la fête de saint Jean, à Rome. Le nom si n'a été donné que plus tard à la septième note. Quant au mot gamme, il vient de gamma , nom de la troisième lettre de l'alphabet grec, parce que Guido d'Arezzo qui, le premier, dans le xi* siècle, convint de représenter les notes par des points placés sur des lignes parallèles, désignait ces lignes par des lettres et avait choisi la lettre gamma pour figurer la première ligne.
161. Intervalles, aooords. — On appelle intervalle le rapport d'un son à un autre, c'est-à-dire le rapport entre les nombres de vibrations qui produisent ces sons.
L'intervalle entre deux notes consécutives de la gamme se nomme une seconde; tels sont les intervalles de ut à ré, de ré à mi, de mi ^fa, et ainsi de suite.
Si, entre les notes que l'on compare entre elles, il existe une, deux, trois, quatre, cinq ou six notes intermédiaires , les intervalles se désignent sous les noms de tierce, quarte, quinte, sixte, septième et octave. Par exemple, le rapport ou intervalle de ut à mi est une tierce; celui de ut ^fa, une quarte; celui de ut à sol, une quinte; de ut à la, une sixte ; de u^ à si, une septième ; et, enfin, Tintervalie de Yut d'une première gamme à Vut de la gamme suivante est une octave.
On nomme accord la coexistence de plusieurs sons. Lorsque l'oreille peut découvrir sans fatigue le rapport entre deux sons, ce qui arrive toutes les fois que ce rapport est simple, l'accord ou la coexistence de ces deux sons forme une consonnance ; mais si les nombres de vibrations sont dans un rapport compliqué, l'oreille en est péniblement affectée, et on dit qu'il y a dissonance.
SOK MUSICAL.
L'acconl le plus simple est l'unisson, dans lequel les nombres de vibrations sont égaux ; vient ensuite l'octave dans laquelle le nombre des vibrations d'un son est double du nombre deis vibrations de l'autre; puis la quinte dont le rapport des sons est de 3 ï 2; la quarte dont le rapport des sons est de 4 à 3; et enfin, la tierce dont le rapport «et de 5 à 4.
On donne le nom A'accord parfait à trois sons simultanés tels
DïipiEOD.
que lee nombres de vibi-atioDS qui les produisent sont entre eux comme les nombres 4, 5 et 6. Par exemple, les trois notes ut, mi, gol, forment un accord parfait; il en est de même de sot. H, ré. Ce sont ces accords qui produisent sur l'oreille la sensation musicale la plus agréable.
162. Dîapaaon. — Le diapason est un petit instrument qui sert à accorder et à mettre au ton les instruments de musique à sons fixes, comme les pianos. Composé d'une lame d'acier recourbée sur elle-même, comme le montre la figure 114, il est monté sur une petite caisse de bois, ouverte à une extrémité et destinée â ren-
forcer le son , qui autrement serait très-faible. On fait résonner le diapason en passant dessus un archet, ou en écartant ses deux branches au moyen d'un cylindre de bois ou de fer qu'on interpose entre elles et qu'on relève ensuite brusquement. Une fois écartées de leur position d'équilibre , les deux lames se mettent à vilîrer en rendant un son qui est constant pour chaque diapason. Le son que donne ordinairement le diapason est le la correspondant à 856 vibrations simples.