Chaleur dégagée par la pression et par la percussion
Toutes les fois que l’on comprime un corps de manière à réduire son volume, il se produit un dégagement de chaleur d’autant plus considérable que la réduction do volume est plus grande. Dans les corps solides, qui sont peu compressibles, le dégagement de chaleur est peu sensible; mais il l’est beaucoup dans les gaz à cause de leur grande compressibilité.
La grande quantité de chaleur qui se manifeste dans les gaz comprimés se démontre au moyen d’un petit appareil connu sous le nom
G A LO RI y U K.
de briquet à air , et qui a déjà été décrit en parlant de la compressibilité des gaz (fig. 4, p. 13). C’est un tube de verre à parois épaisses, bouché à sa partie inférieure, et dans lequel entre un piston en cuir qui le ferme hermétiquement. En dessous du piston est une cavité dans laquelle on place un morceau d’amadou. Or, en enfonçant le piston brusquement, il descend presque jusqu’au bas du tube, et l’air comprimé s’échauffe tellement que l’amadou s’enflamme, ce qui exige une température d’au moins 300 degrés.
La percussion est encore une source de chaleur, comme on peut le remarquer dans les étincelles qui jaillissent du briquet à pierre, ou des fers d’un cheval par le choc d’un caillou. En effet, ces étincelles sont dues à des parcelles de fer qui, détachées par le choc, s’enflamment au contact de l'air par suite de la haute température que leur a communiquée la percussion. Le feu ne sort pas de la pierre, comme on le croit vulgairement; il n’est que le résultat de la combinaison de particules métalliques avec l’oxygène de l’air pour donner naissance à de l'oxyde de fer.
249. Chaleur dégagée par le frottement. — Le frottement prolongé de deux corps l’un contre l’autre développe une quantité de chaleur qui varie avec la nature des corps, mais qui est d’autant plus grande que la pression est plus considérable et le mouvement plus rapide. C’est ainsi que souvent les boîtes des roues de voiture s’échauffent au point de prendre feu par leur frottement contre l’essieu. Dans une atmosphère, même au-dessous de zéro, on fond en partie deux morceaux de glace en les frottant l’un contre l'autre avec rapidité. Les sauvages, pour se procurer du feu, tournent vivement entre les deux mains une baguette de bois dur dans une cavité pratiquée sur un morceau de bois tendre; ce dernier s’échauffe alors par le frottement jusqu’à s’enflammer.
La chaleur développée par le frottement, la percussion ou la pression s’explique par un mouvement vibratoire imprimé aux molécules des corps.