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SOURCES DE LUMIERE

lumière, et se désigne sous le nom de corps lumineux. Les diverses sources de lumières sont le soleil, les étoiles, la chaleur, les combinaisons chimiques, la phosphorescence et l'électricité.

On ignore l’origine de la lumière émise par le soleil et les étoiles. On sait seulement que tous les corps soumis à une température élevée deviennent lumineux, et répandent un éclat d’autant plus vif qu’ils sont plus fortement chauffés, comme si la chaleur et la lumière n’étaient qu’une modification d’une môme cause. Par exemple, c’est à cause de leur haute température que les charbons de nos foyers deviennent incandescents, et que les barres de fer sortant d'un feu de forge projettent une vive lumière.

Quant aux lumières artificielles, comme celles des bougies, des lampes, des becs de gaz, elles sont toutes dues à la combustion de substances carbonées et hydrogénées, c'est-à-dire à leur combinaison avec l’oxygène de l’air, combinaison s’opérant avec un dégagement de chaleur si considérable, que les matières qui brûlent deviennent lumineuses (247).

On donne le nom de phosphorescence à une lumière pâle que répandent certaines substances dans l’obscurité, sans qu’il paraisse y avoir dégagement de chaleur môme la plus faible. La phosphorescence s’observe dans les animaux, dans les végétaux et dans les minéraux. Pendant les chaleurs de l'été, le lampyre ou ver luisant brille comme une petite étoile au milieu des champs. Dans les régions tropicales, on voit de nombreux insectes phosphorescents voltiger dans l’air comme autant de petits lustres vivants. Dans les mêmes contrées, la mer est souvent couverte de petits animalcules qui deviennent phosphorescents pendant la nuit, surtout quand l’eau est agitée. Parfois, les bois pourris, les chairs de certains poissons en putréfaction sont aussi phosphorescents. Enfin, par le frottement ou par une exposition prolongée aux rayons solaires, certains minéraux deviennent lumineux dans l’obscurité; tels sont le diamant, le marbre blanc, le spath fluor. La cause de la phosphorescence n’est pas connue; mais, dans plusieurs cas, elle paraît avoir une origine électrique.

Plus tard nous verrons que l’électricité est une source de lumière tellement intense que son éclat peut s’élever à un cinquième ou à un quart de celui du soleil.

254. Corp* opaques, transparents, translucides; absorption de la lumière. — Les corps éclaires par une source de lumière présentent deux effets distincts : les uns, comme les bois, les métaux, la plupart des pierres, arrêtent complètement la lumière ; d’autres, au contraire, comme l’air, l’eau, le verre, sont perméables à la lumière, c’est-à-dire la laissent passer entre leurs molécules. La première classe de corps comprend les corps opaques , et la deuxième les corps transparents, diaphaties ou translucides. Toutefois, la diaphanéité ou translucidité s’applique à tous les corps perméables à la lumière, tandis que la transparence ne doit s’entendre qu’en parlant des substances au travers desquelles on distingue nettement les objets. Ainsi, on dira également du verre poli qu'il est transparent ou diaphane; mais le verre dépoli, le papier huilé, la porcelaine mince, ne sont que diaphanes ou translucides, parce que, quoiqu’ils laissent passer la lumière, on ne distingue |ws les objets au travers.

Parmi toutes les substances i>erméables à la lumière, il n’en est aucune d’une transparence parfaite : toutes éteignent, absorbent une portion de la lumière qui se présente pour les traverser. L’expérience montre, en effet, que même les milieux les plus diaphanes, comme l’air, l’eau, le verre, éteignent graduellement la lumière qui les pénètre; et si leur épaisseur est considérable, ils peuvent l’affaiblir assez pour qu’elle ne fasse plus aucune impression sur l’organe de la vue. Par exemple, on remarque que sur le sommet des hautes montagnes, le nombre des étoiles visibles à l’œil nu est beaucoup plus grand que dans la plaine, phénomène qui résulte de ce que la lumière a à traverser une masse d’air moindre dans le premier cas que dans le second. De même, le soleil nous parait d’un moins vif éclat à l’horizon, parce que ses rayons traversent des couches d’air plus étendues et plus denses.

S’il n’est pas de substances parfaitement diaphanes, il n’en est pas non plus d’entièrement opaques, du moins sous une faible épaisseur. L’or, par exemple, qui est un dos métaux les plus denses, se laisse sensiblement traverser par la lumière lorsqu’il est réduit en feuilles très-minces, comme celles que préparent les batteurs d’or. 11 en est de même de l’argent : M. Foucault fabrique, pour télescopes, des miroirs de verre argenté, qui, quoique réflé-

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