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PROPAGATION DE LA LUMIERE

classant parfaitement la lumière, sont recouverts d'une couche d’argent tellement mince qu'on distingue très-nettement les objets au travers ; seulement, ils apparaissent avec une légère teinte bleue; au travers de l’or la teinte est verte.

255. Propagation de la lumière en ligne droite, rayons et faisceaux lumineux. — En parlant de la propagation de la lumière, on appelle milieu, la substance même au sein de laquelle elle est transmise : ainsi, l’eau, l’air, le verre, sont des milieux dans lesquels la lumière se propage. Or, la nature du milieu pouvant modifier la marche de la lumière, nous supposerons d’abord un milieu parfaitement homogène, c’est-à-dire non-seulement composé dans toutes ses parties des mêmes éléments, mais ayant partout la même densité, conditions qui pourraient exister l’une sans l’autre; l’atmosphère, par exemple, a bien partout la même composition, mais elle n'a pas la même densité, à cause des variations de température et de pressions auxquelles elle est soumise dans ses différentes parties.

Cela posé, l’expérience montre que dans tout milieu homogène la lumière se propage constamment en ligne droite. En efFet, nous cessons de voir un objet quelconque aussitôt qu’entre cet objet et l'œil est interposé un corps opaque; de môme, nous ne pouvons recevoir aucune lumière à travers les petits trous pereés dans des plaques opaques, placées les unes à la suite des autres, si ces petits trous ne sont exactement en ligne droite. Observons encore que la lumière émane des corps lumineux dans toutes les directions, car nous les voyons également dans toutes les positions où nous nous plaçons autour d’eux.

Cette émanation de lumière en tous sens autour d’un corps lumineux se désigne, de même que pour la chaleur, sous le nom de rayonnement , et on appelle rayon lumineux la ligne droite quo suit la lumière en se propageant. Dans l’hypothèse de l’émission, un rayon de lumière serait formé d’une file de molécules lumineuses se succédant sans cesse avec une rapidité extrême ; dans celle des ondulations, c'est une file de molécules ne se renouvelant pas, mais animées, d’une manière coutinue, de petits mouvements vibratoires excessivement rapides.

Enfin, on nomme faisceau lumineux un ensemble de rayons

LUMIÈRE

émis d’une même source de lumière; si les rayons sont parallèles entre eux, ce qui arrive quand le corps lumineux est très-éloigné, comme le soleil, on dit que le faisceau est parallèle; il est divergent, lorsque les rayons lumineux se propagent en s’écartant les uns des autres, ce qui est le cas des rayons émis tout autour d’une bougie; au contraire, si les rayons vont concourir vers un même point, on dit que le faisceau est convergent : on en verra bientôt des exemples dans l’étude des miroirs et des lentilles.

256. Vite»*e de U lumière. — Rien, à la surface de la terre, ne peut nous donner une idée de l'excessive vitesse avec laquelle se propage la lumière. On n’a pu, en effet, constater aucun intervalle

Fig. 155. — Mesure de la vitesse de la lumière.

appréciable entre l’instant où une lumière artificielle apparaît dans un lieu, et celui où elle est aperçue dans un autre lieu, quelle qu’en soit la distance : aussi, n’est-ce que par l’observation des phénomènes astronomiques qu’on est parvenu à déterminer la vitesse de propagation de la lumière.

C’est Rœmor, astronome danois, qui, le premier, en 1675, a trouvé que cette vitesse, par seconde, est de 77000 lieues de 4000 mètres, découverte qu’il fit en observant les éclipses d’un des satellites de Jupiter. On sait que cette planète a quatre satellites ou lunes qui l’accompagnent autour du soleil, de même que la lune suit la terre dans son orbite. Or, le premier de ces satellites, c’est-à-dire le plus rapproché de Jupiter, fait uniformément, autour de cette planète, une révolution complète en 42 heures, 28 minutes et 36 secondes; mais, comme à chaque révolution, ce satellite e entre dans l’ombre portée par Jupiter (fig. 155), il se

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