Caractère* des images formées dans les miroirs plans
Omvient de voir qu’étant placés devant une glace, notre pied gauche correspond au pied droit de l’image, notre main droite à la main gauche de la môme image, et ainsi de suite. Or, ce serait exprimer faussement cette transposition des parties de l’image par rapport à l’objet, que de dire que l’image est retournée; si celle-ci n’était autre chose que l’objet retourné, en élevant par exemple notre main droite, l’image devrait aussi lever la main droite, tandis que c’est la gauche qu’elle lève.
Pour exprimer cette égalité spéciale, qui existe entre un objet et son image, on dit que celle-ci est symétrique de l'objet; ce qui signifie qu’un point quelconque de l’image est identiquement disposé derrière le miroir de la môme manière que l’est en avant le point correspondant de l’objet. En effet, on reconnaît, par des considérations géométriques, que ces deux points sont également distants du miroir, et situés sur une môme droite perpendiculaire à sa surface. De la distance et de la position respective des différentes parties de l’objet et de son image, on conclut encore que cette dernière est de môme grandeur que lui et également éloignée du miroir.
Enfin , les images des miroirs plans sont virtuelles, expression qui signifie qu’elles n’existent pas réellement, qu’elles ne sont qu’une illusion de l'œil. En effet, dans la figure 160, de môme que dans la figure 169, la lumière ne passant pas derrière le miroir, elle ne peut y former aucune image, et celle que nous voyons n’existe pas; c'est ce qu’exprime le mot virtuel opposé à actuel, à réel.
MIROIRS PLANS
ail
En résumant ce qui précède, on voit donc que les images fournies par les miroirs plans sont symétriques de l’objet , de même grandeur que lui, à égale distance de l’autre côté du miroir, et enfin quelles sont virtuelles.
265. Images multiples dans les miroirs de verre. — Les miroirs métalliques n’ayant qu'une surface réfléchissante, ne donnent jamais qu’une image unique; or, il n’en est plus ainsi des miroirs de verre dont les deux surfaces réfléchissent , mais inégalement. En effet, appliquez un objet quelconque, une pointe de crayon, par exemple, contre une glace épaisse, et regardez obliquement cette pointe; vous verrez d’abord une image très-faible en contact même avec elle; puis, au delà, une autre beaucoup plus intense. La première image est due à la lumière qui se réfléchit sur la surface antérieure do la glace, c’est-à-dire sur le verre, tandis que la seconde est donnée par la lumière qui, pénétrant dans le verre, se réfléchit sur la couche de tain dont est recouverte la face postérieure. Quant à la différence d'intensité des deux images, elle est facile à expliquer : le verre étant très-diaphane, il ne se réfléchit sur la première face du miroir qu’une faible quantité de lumière qui donne l’image la moins intense ; au contraire, la plus grande partie de la lumière incidente pénétrant dans la masse se réfléchit sur la couche de tain et donne l’image la plus éclatante.
L’expérience ci-dessus donne un moyen simple de mesurer l’épaisseur d’une glace. En effet, l’image la plus intense devant paraître derrière la couche de tain à la même distance qu’est la pointe du crayon en avant, il s’ensuit que l’intervalle entre la pointe du crayon et la pointe de son image représente le double de l’épaisseur du miroir. Si donc celle-ci paraît être de six millimètres, par exemple, on en conclura que l’épaisseur réelle du verre est de trois millimètres.
La double réflexion des miroirs de verre nuit à la netteté des images, ce qui fait que dans les instruments d’optique où l’on fait usage de miroirs, on emploie de préférence les miroirs de métal.
266. Réflexion par les corps translucides. — Oïl vient de voir que le verre, malgré sa grande diaphanéité, réfléchit encore assez de lumière pour donner des images, faibles il est vrai, mais cependant nettes et distinctes. Il en est de même de l’eau et des autres
LUMIERE
liquides transparents. Par exemple, sur les bords d’un étang, d’une rivière, on voit se former dans l’eau l’image renversée des objets situés sur la rive opposée.- Nous disons images renversées pour nous conformer à l’apparence, mais, rigoureusement, nous devrions
Fig. 161. — Réflexion à la surface de l’eau.
dire image symétrique, d’après la remarque faite précédemment (264).
La figure 161 représente le phénomène de la réflexion à la surface de l'eau; elle montre comment les rayons réfléchis, arrivant à l’œil de bas en haut, reproduisent l’image des objets situés- audessus de l’eau, de la même manière qu’ils le feraient en se réfléchissant sur un miroir horizontal.