DISPERSION DE LA LUMIÈRE
lante image, dont la reproduction constitue une des plus belles expériences d’optique, a reçu le nom de spectre solaire.
Il existe en réalité, dans le spectre, une infinité de teintes, mais Newton en a distingué sept principales qui sont, de haut en bas, dans la figure ci-dessous, les suivantes :
Fiole t, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.
D’après l’ordre dans lequel les couleurs sont disposées dans
Fig. Î05 — Spectre solaire.
le spectre, on reconnaît que c’est la couleur violette qui s’est réfractée davantage, ce qu’on exprime en disant quelle est la plus réjrangible ; et on voit que le degré de réfrangibilité va en décroissant ensuite jusqu'au rouge, cette couleur étant la moins déviée.
De l’expérience du spectre solaire, Newton a conclu que la lumière blanche , c’est-à-dire la lumière ordinaire qui nous vient
du soleil, n'est pas homogène, n’est pas simple, mais composée de sept lumières différentes qui, réunies, donnent du blanc, tandis que séparées elles donnent chacune une couleur propre; et il a expliqué la séparation de ces sept lumières, à leur passage dans le prisme, par leur inégal degré de réfrangibilité. En effet, si elles étaient également réfrangibles, s’infléchissant également à l’entrée dans le prisme et à la sortie, elles le traverseraient sans se séparer, et la lumière serait blanche à l’émergence comme à l’incidence
294. Le* *ept couleur* du «pectre «ont «impie*. — Si l’on reçoit l'un quelconque des faisceaux du spectre, le faisceau jaune, par exemple, sur un second prisme, il est bien encore dévié, mais sans décomposition; c’est-à-dire qu’il ne donne lieu qu’à un seul faisceau émergent, qui est jaune comme lui. La même chose ayant lieu pour toutes les autres couleurs du spectre, on en conclut qu’elles sont indécomposables par le prisme; ce qu’on exprime en disant que les sept couleurs du spectre sont des couleurs simples ou des couleurs primitives.
Quant à la cause en elle-même en vertu de laquelle telle partie du spectre fait naître en nous la sensation du rouge, telle autre, la sensation de l’orangé, du jaune, etc., la théorie des ondulations nous apprend qu’il faut la rapporter au nombre des vibrations exécutées par les molécules de l’éther. Ce nombre, qui est extrêmement considérable, diffère pour chaque couleur du spectre et va en croissant du rouge au violet. On a calculé que, pour le rouge extrême, il est de 438 millions de millions par seconde, et, pour le violet, de 727 millions de millions. La couleur d’une lumière dépendant ainsi du nombre des vibrations, son intensité, au contraire, dépend de l’étendue de ces mêmes vibrations, étendue toujours excessivement petite; en effet, le calcul fait voir que, pour le rouge, l’étendue d’une vibration est de 620 millionièmes de millimètre, et pour le violet, de 423.
295. Propriété* lumineuse*, calorifiques et chimique* du spectre.
— Les sept faisceaux du spectre ne diffèrent pas seulement par leur coloration, mais encore par leur pouvoir éclairant, par la chaleur qui les accompagne, et enfin, par les effets chimiques auxquels ils donnent naissance. Si on les étudie d’abord par rapport à leur