‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 161 sur 199 · ÉLECTRISATION PAR INFLUENCE · texte numérisé non relu

ÉLECTRISATION PAR INFLUENCE

ment sur différents points du corps électrisé, puis, après chaque contact, on le présente au pendule électrique. Or, si le corps qu’a touché le plan d'épreuve est une sphère métallique, on observe constamment la même attraction, ce qui montre que le disque a pris en chaque point de la sphère la même charge électrique, et, par suite, que la distribution du fluide électrique est uniforme.

Il n’en est plus ainsi lorsque le corps électrisé, que nous supposons toujours métallique, présente une forme plus ou moins allongée, par exemple la forme ovoïde, comme dans la figure ci-dessus. Dans ce cas, le plan d’épreuve se charge d’autant plus qu’on l’applique plus près de l’extrémité allongée, et c’est à cette extrémité même qu'on recueille le plus d’électricité. Cette expérience montre donc que, sur les corps conducteurs, l’électricité tend toujours à s’accumuler vers les parties allongées, vers les pointes. Or, de cette accumulation résulte une tension plus grande, suffisante pourvaincre la résistance de l’air et donner écoulement au fluide électrique. On remarque, en effet, que les corps métalliques munis d’une pointe perdent promptement leur électricité; et en plaçant la main audessus de cette pointe, on ressent comme un souffle léger qui s’en dégage. Si l’écoulement a lieu dans l’obscurité, on remarque en outre une aigrette lumineuse qui apparaît au-dessus de la pointe.

Cette propriété des pointes placées sur les corps conducteurs électrisés, de donner écoulement au fluide électrique, a été désignée sous le nom de pouvoir des pointes par Franklin, qui en a fait l’application aux paratonnerres.

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