Tabouret électrique. — C’est surtout lorsqu’on tire du
corps humain l’étincelle électrique , qu’elle présente un aspect curieux. Pour cela, une personne étant montée sur un tabouret à pied de verre qui l’isole, elle pose la main sur l’un des conducteurs de la machine électrique ( fig. 261 ). Si l’on fait alors tourner le plateau, le corps humain étant bon conducteur de l’électricité, la personne isolée se charge d’électricité comme les conducteurs, sans ressentir aucun effet qu’un léger souffle sur la figure et sur les mains. Or, si alors une seconde personne touche la main de celle
qui est sur le tabouret, elle en tire les mômes étincelles que de la machine.
357. Carillon électrique — Le carillon électrique est une sonnerie qu’on fait marcher au moyen d'attractions et de répulsions électriques. Elle se compose do trois timbres métalliques suspendus à une tringle horizontale de cuivre, qu’on met en communication avec la machine électrique (fig. 262). Les deux timbres b et c sont suspendus par des cordes métalliques; mais celui du milieu est
Fig. Î63. — Danse îles pantins.
soutenu par un cordon de soie, et, de plus, il est mis en communication avec le sol par une chaîne. Entre les timbres sont suspendues deux petites houles de cuivre isolées par des fils de soie auxquels elles sont attachées. Or, aussitôt que la machine se charge, l’électricité passant sur les timbres b et c, ceux-ci attirent les boules de cuivre qui viennent les frapper ; mais repoussées aussitôt, elles vont frapper le timbre du milieu sur lequel elles perdent
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l’électricité qu’elles ont prise aux deux autres. Elles sont alors attirées de nouveau, puis repoussées, et ainsi de suite tant qu’on tourne le plateau de la machine : d’où résulte le carillon électrique.
338. Dame de» pantin». — La danse des pantins ou théâtre électrique est, comme le carillon, une application des attractions et des répulsions des corps électrisés. Cette expérience consiste à placer un petit pantin très-léger, en moelle de sureau, entre deux disques métalliques communiquant l’un avec le sol au moyen d’une chaîne, et l’autre avec la machine électrique (fig. 263). Aussitôt
que celle-ci se Charge, on voit le petit pantin successivement attiré et repoussé de l’un à l’autre, comme s’il exécutait de lui-mème une série de sauts avec une grande agilité, ce qui amuse toujours beaucoup ceux qui sont témoins de cette expérience.
359. Tourniquet électrique. — Le tourniquet électrique est un petit appareil fondé sur le pouvoir des pointes (349). Il se compose de quatre à cinq branches de cuivre horizontales, toutes recourbées dans le même sens ( fig. 264 ). Ces branches, qui sont terminées en pointe, sont toutes fixées à une chape commune qui repose sur un pivot de cuivre. En plaçant cet appareil sur la machine, aussitôt qu’elle se charge, on voit le tourniquet prendre un mouvement de rotation rapide dans le sens marqué par la flèche. Ce mouvement est dû à l’écoulement du fluide électrique qui se dégage par les pointes. Or, comme ce petit appareil no marche pas dans le vide, mais seulement dans l’air, cela prouve qu’il ne faut point expliquer son mouvement par un effet de réaction analogue à celui qui a lieu dans le tourniquet hydraulique ( 71 ) , mais par un effet de répulsion entre l’électricité des pointes et celle qu’elles communiquent à l’air en se déchargeant.
Fig. Î64. — Tourniquet électrique.
360. Œuf électrique. — L'œuf électrique est une expérience de lumière électrique dans le vide; elle se fait dans un globe de verre rond ou ovoïde, muni de deux tiges de cuivre à bouton , communiquant l’une avec la machine électrique, l’autre avec lo sol. Enfin, dans le pied de l’appareil est un robinet qui peut se visser
Fig. 2C5. - Œuf électrique.
sur la machine pneumatique. Cela posé, ayant fait le vide dans le globe, on lo dispose comme le représente la figure 265, puis on fait marcher la machine électrique. Si l’expérience est faite dans l’obscurité, on voit alors une belle lueur violacée se répandre en jet continu de la boule supérieure à la boule inférieure. Cette lumière est due à l'électricité de la machine qui, n’étant pas retenue par la résistance de l’air, s’écoule vers le sol.
361 . Carreau magique. — Le carreau magique se compose d’un carreau de verre dont l’une des faces est recouverte en partie d’une longue bande d’étain, repliée plusieurs fois sur elle-même
ÉLECTRICITÉ
de manière à former une série de traits métalliques, parallèles et très- rapprochés. Le carreau étant soutenu verticalement sur deux pieds de verre, le bout supérieur de la bande d’étain est mis en communication avec la machine électrique par un conducteur, et le bout inférieur avec le sol au moyen d’un cordon métallique.
Dans cet état, si l’on fait marcher la machine, l'électricité s’écoulera par la bande d’étain sans aucune étincelle; mais si préalablement on pratique avec un canif, dans la bande d’étain, de légères solutions de continuité, une étincelle apparaîtra ensuite à chacune d’elles; et si l’on a disposé les découpures de manière à représenter un objet déterminé, une fleur, un monument, des mots, on voit
ces objets se reproduire en traits de feu tant qu’on fait marcher la machine électrique ( fig. 266 ). Cette expérience est une conséquence de la prodigieuse vitesse avec laquelle le fluide électrique se propage, vitesse qu’on a constatée être d’environ 170 000 kilomètres par seconde. U en résulte que, quoique dans l’expérience ci-dessus les étincelles soient en réalité successives, elles paraissent toutes simultanées.