‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 169 sur 199 · EFFETS DE L’ É L E C T R I C I T É · texte numérisé non relu

EFFETS DE L’ É L E C T R I C I T É

La figure 277 représente l’expérience de l’inflammation de l’éther. On verse ce liquide dans un \ase de verre dont le fond est traversé par une petite tige de cuivre terminée par un bouton, et communiquant en dessous avec une chaîne qu'on met en contact avec l’armature extérieure d'une bouteille de Levde chargée; puis on approche le bouton de la bouteille de celui qui est dans le vase et au-dessus duquel doit s’élever un peu le liquide. Or, à l’instant où jaillit l’étincelle, on voit l’éther s’enflammer. Du reste, il n’est

Fig. 278. — Fusion des Üls métallique par l’électricité.

pas besoin d’une étincelle aussi intense que celle de la bouteille do Leyde pour faire cette expérience; elle réussit très-bien avec l’étincelle de la machine électrique. On peut même la rendre plus curieuse en montant sur le tabouret électrique, comme dans la figure 261, et en enflammant le liquide au moyen de l’étincelle qui s'échappe du doigt. Un physicien anglais causa même ainsi une grande surprise en enflammant l’éther par une étincelle tirée d’un morceau de glace qu’il tenait à la main.

ÉLECTR IC I TÉ.

Lorsque la décharge d'une batterie se fait à travers un fil métallique fin, ce fil devient incandescent, et peut même être fondu et volatilisé, selon la force de la batterie.

Pour cette expérience, on fait usage de Y excitateur universel, ainsi nommé parce qu’il est employé dans une foule d’expériences sur la décharge électrique. Cet appareil, représenté dans la figure 278 , se compose de deux tiges de cuivre A et B , isolées chacune sur un pied de verre. Ces tiges sont montées sur charnière, et de plus peuvent glisser dans leurs supports, de manière qu’on puisse les rapprocher plus ou moins et les incliner dans toutes les positions; enfin, entre ces tiges est un petit plateau de bois M destiné à recevoir les objets qu’on veut foudroyer.

Pour fondre des fils, on les fixe en i à deux boutons métalliques adaptés sur les tiges, puis faisant communiquer l’une de celles-ci avec l’armature extérieure d’une forte batterie, au moyen d’une chaîne, on met l’autre en communication avec l’armature intérieure à l’aide de l'excitateur à manche de verre ou d’une chaine fixée à une boule à manche de verre qu’on tient à la main. Au moment où l’étincelle éclate entro cette boule et la batterie, le fil, s’il est assez fin, est fondu en globules incandescents, et même volatilisé, c’est-à-dire réduit en vapeurs qui disparaissent dans l’atmosphère. S’il est plus gros, il n’est que rougi et répand un vif éclat, mais ne fond pas; enfin, plus gros encore, il est simplement échauffé, mais sans devenir lumineux.

Avec les puissantes batteries du musée de Teyler et du Conservatoire des arts et métiers, dont nous avons parlé plus haut, on peut fondre des fils de fer de 15 à 20 mètres de longueur. On peut aussi fondre des fils métalliques dans l’eau, môme avec les batteries ordinaires, mais alors il est nécessaire que le fil soit plus fin et beaucoup moins long que dans l’air à cause du refroidissement occasionné par son contact avec le liquide.

371 . Effet* mécanique*. — On appelle effets mécaniques des batteries électriques, des ruptures, des déchirements, des expansions violentes, qui se produisent dans les corps mauvais conducteurs lorsqu’ils sont soumis à la décharge. Ces effets se démontrent ordinairement au moyen de l’excitateur universel. On place sur le plateau M le corps qu’on veut soumettre à l’expérience, en le met-

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