PILE ÉLECTRIQUE
est le pôle positif ; l’autre, celui qui correspond à un cuivre, le pôle négatif . La tension de l’électricité, à chaque pôle, croit avec le nombre des couples, mais l’expérience démontre qu’elle est indépendante de leur surface. Enfin, on nomme électrodes deux fils de cuivre attachés respectivement à chaque pôle, et destinés 'a les faire communiquer entre eux, comme on le voit dans la figure 284.
Cela posé, tant que les pôles ne communiquent pas entre eux , la pile est complètement inerte et ne présente aucun phénomène particulier. Mais qu’on approche les deux électrodes l’une de l’autre jusqu’à ce qu’elles soient presque en contact, on voit jaillir d’un fil à l’autre une petite étincelle due à la recomposition des électricités contraires des deux pôles. Or, ici, la pile ne se trouve pas déchargée comme le serait en pareil cas la bouteille de Leyde; en effet, on voit une seconde étincelle succéder à la première, puis une troisième à la seconde, et ainsi de suite tant que les fils de cuivre sont voisins et- que la pile est en activité. Cette continuité d’étincelles fait voir qu’à mesure que les deux électricités des pôles se réunissent par les fils, une nouvelle décomposition d’électricité naturelle se reproduit dans la pile et alimente sans interruption le pôle zinc de fluide positif et le pôle cuivre de fluide négatif. Si, au lieu de laisser un intervalle entre les deux fils de cuivre, on les met en contact, toute étincelle disparaît, mais la recomposition des électricités contraires n’en continue pas moins par les fils, dans lesquels s’opère d’un pôle à l’autre une circulation non interrompue d’électricité. Cette circulation continue de fluide électrique a reçu le nom de courant, et c’est pour exprimer que les fils qui réunissent les deux pôles sont constamment traversés par ce courant, qu’on leur a donné le nom d 'électrodes (chemin de l’électricité ), et aussi celui de réophores (porteur du courant). Il y a en réalité deux courants de sens contraires dans les électrodes; mais on ne considère jamais que le courant positif, c’est-à-dire celui qui va du pôle positif au pôle négatif. Nous représenterons désormais, dans nos dessins, la direction du courant par une petite flèche allant du pôle positif au pôle négatif.
38o. Théorie chimique de la pile. — La théorie du contact qu'avait proposée Volta pour expliquer la production de l’électricité dans la pile, ne tarda pas à avoir le sort du fluide vital deGalvani.