‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 183 sur 199 · ÉLECTRO-MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

ÉLECTRO-MAGNÉTISME

une trés-fietite force suffira pour faire dévier les aiguilles hors du méridien magnétique; de plus, par l’emploi do deux aiguilles, l’appareil gagne beaucoup en sensibilité, parce que le courant qui parcourt le circuit au-dessous du cercle gradué agit sur l'une et sur l’autre pour les faire tourner dans le même sens; ce qui est une conséquence de l’hypothèse du bonhomme d’ Ampère (397).

401. Usages du multiplicateur. — D’après la description qui précède, on conçoit que le multiplicateur doit être un instrument extrêmement sensible pour accuser l’existence des courants même les plus faibles. C’est, en effet, à l’aide de cet instrument que M. Becquerel a constaté la production do courants électriques dans toutes les actions chimiques, dans l’imbibition des liquides et dans beaucoup d’autres phénomènes. On a pu même en reconnaître l’existence dans les végétaux et dans les animaux; mais alors, au lieu d’un circuit de cinq à six cents tours qu’on emploie ordinairement, il a fallu des galvanomètres dont le fil en faisait jusqu’à vingt mille.

Pour constater avec le multiplicateur les courants développés dans les réactions chimiques, par exemple dans l'action des acides sur les métaux, on engage deux fils de platine dans les boutons m et n (fig. 297 ), puis faisant plonger le bout de l’un d’eux dans un verre rempli d’eau acidulée avec de l’acide sulfurique, on met l’autre fil en contact avec une lame de zinc qu’on tient à la main, et on plonge cette lame dans le verre. Les deux aiguilles, qui étaient d’abord parallèles au diamètre oi qu’on a soin de placer d’avance dans le méridien magnétique, se dirigent aussitôt perpendiculairement à ce méridien; ce qui indique la production instantanée d’un courant. De plus, d’après l’orientation que prend le pôle austral de chaque aiguille, on reconnaît que ce courant est dirigé dans le sens marqué par les flèches; d’où l’on conclut que l’eau acidulée s’est électrisée positivement et la lame de zinc négativement; awsi se trouve vérifié ce qui a été dit dans la théorie des piles, que l^squ’un acide se combine à un métal , toujours ce dernier prend l’électricité négative, et l’acide l’électricité positive.

402. Aimantation par les courants. — L’expérience d’QErSted ayant montré que le courant voltaïque agit inversement sur les deux pôles de l’aiguille aimantée, en dirigeant l’un d’eux à gauche

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et l'autre à droite, il était présumable qu’un courant dirigé transversalement à un barreau d'acier ou de fer, devait en séparer les deux fluides magnétiques, et le transformer en aimant. C’est, en effet, upe des premières tentatives qui furent faites par Ampère et Arago, et le résultat vérifia leur prévision. Ils enroulèrent un fil de cuivre en hélice autour d’un barreau d’acier, comme le montre la figure 298, et en faisant passer un courant dans ce fil, le barreau fut aimanté instantanément. Le même effet se produit avec un barreau de fer doux, mais l'aimantation n’est que temporaire;

lorsque le courant ne passe plus dans le fil, le fer, qui n'a pas de force coercitive (332), revient instantanément à l’état naturel.

On peut aussi aimanter un barreau d’acier en faisant passer, dans le fil de la figure 298, non plus un courant voltaïque, mais la décharge d’une bouteille de Levde; ce qu’on obtient en faisant toucher l’un des bouts du fil à l’armature extérieure et l’autre bout à l’armature intérieure. Le barreau est ainsi instantanément aimanté; ce qui prouve l’identité de l’électricité des machines électriques avec celle de la pile.

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