TÉLÉGRAPHES ÉLECTRIQUES
cessivement le courant à la station de départ que la dépêche est transmise.
Dans lo télégraphe à lettres, l’électro-aimant fait marcher une aiguille sur un cadran portant les vingt-quatre lettres; celle devant laquelle s’arrête l’aiguille est la lettre transmise; c’est-à-dire que chaque mot exige autant de signaux qu’il contient de lettres.
Dans le télégraphe à signaux, il y a deux électro-aimants faisant marcher, sur un cadran blanc, deux indicateurs mobiles aux extrémités d’un trait noir horizontal et fixe. Ce sont les positions relatives de ces indicateurs, par rapport à la ligne fixe, qui servent de signaux conventionnels, à peu près comme dans les anciens télégraphes en usage avant les télégraphes électriques.
Le télégraphe à lettres, construit par M. Bréguet, est celui qui fonctionne sur toutes nos lignes de chemins de fer. Quant au télégraphe à signaux , il a d’abord été employé par l’État, mais on lui substitue partout aujourd'hui celui de Morse.
405. Télégraphe enregistreur de Morse. — Ce télégraphe, inventé en 1837, en Amérique, offre, sur les précédents, le précieux avantage de conserver sur papier la trace des dépêches, ce qui en permet le contrôle. La figure 301 représente un poste télégraphique envoyant une dépêche à l’aide de cet appareil , et la figure 302 le poste qui la reçoit. Dans chaque poste l’appareil est identique ; mais il est double, se composant de deux pièces distinctes : le manipulateur qui transmet les signaux, et le récepteur qui les enregistre. Ces deux pièces sont représentées plus en grand dans les figures 303 et 304.
Pour faire comprendre comment fonctionnent ces appareils, commençons par la figure 301. Au-dessous de la table portant le télégraphe est la pile qui fournit le courant; celui-ci, conduit par le fil P, entre dans le manipulateur que nous décrirons ci-après; de là il se rend dans un petit galvanomètre g , qui indique par l’orientation de son aiguille si le courant est transmis. Enfin, le courant arrive à une pièce M, qui sert de paratonnerre, ainsi qu’on le verra ci-dessous, et de là gagne le fil L, qui est le Jil de ligne , c’est-à-dire celui qui dst établi sur des poteaux le long des lignes des chemins de fer.
On voit ce fil reparaître au haut de la figure 302, où le courant
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qui arrive passe de nouveau dans un paratonnerre, puis dans un galvanomètre, et enfin dans le manipulateur, d’où il se rend dans l’électro-aimant faisant partie du récepteur. En sortant de celui-ci, il va se perdre dans le sol par un fil T, qui le conduit ordinairement dans un puits.
406. Manipulateur et récepteur de Morte. — La disposition générale de l’appareil une fois connue, voici comment fonctionnent le manipulateur et le récepteur : le premier se compose d’un socle de bois sur lequel est un levier métallique kh, mobile sur un axe horizontal ( fig. 303 ). D’un bout, ce levier est soulevé par une lame élastique r; de l’autre, il est traversé par une tige a, qui s’appuie sur un bouton de cuivre en communication, à l’intérieur
Fig. 301. — Télégraphe électrique (poste expédiant).
TK I, K GRAPHES ÉLECTRIQUES.
du socle, avec le fil A. La figure 303 représente le manipulateur au moment où il reçoit la dépêche, c'est-à-dire tel qu’il fonctionne dans la figure 302. Le courant arrive alors par le fil L, qui est le fil de ligne, monte dans le levier kh, et redescend par la tige a dans le fil A, qui le conduit au récepteur. Si, au contraire.
Fig. 30Î. — Télégraphe électrique (poste recevant ).
on veut que le manipulateur transmette le courant pour envoyer une dépêche, comme cela a lieu dans la figure 301, il faut que le courant qui vient de la pile par le fil P, puisse entrer dans le manipulateur; or, c’est ce qui ne se produit pas lorsqu’il est disposé comme dans la figure 303, où l’on voit que le levier kh ne touche pas le bouton métallique auquel aboutit le fil P. Mais si, appuyant le doigt sur le bouton B, on aba isse le levier hk. le contact s’établit
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et le courant P passe aussitôt dans le fil L, qui le conduit au poste auquel on écrit; car c’est le môme fil qui transmet le courant et le reçoit d’un poste à l’autre.
Quant au récepteur (fig. 304), il se compose d’un électro-aimant E. qui, toutes les fois que le courant est transmis, agit par attrac-
Fig. 303. — Manipulateur du télégraphe de Morse.
lion sur une armature de fer doux m, fixée à l’extrémité d’un levier mn mobile sur un axe. A son extrémité n, ce levier porte un poinçon s, qui appuie sur une bande de papier ab. Quand le courant ne passe pas dans l’électro- aimant, le poinçon ne porte pas sur le papier; mais dès que l’électro-aimant fonctionne, l’ar-
mature m est attirée, le levier bascule, et le poinçon presse le papier, sur lequel il trace un trait allongé, ou simplement un point, selon que le courant passe pendant un temps plus ou moins long.
Afin que les signaux ainsi marqués par le poinçon ne se con- ' fondent pas , la bande de papier est entraînée lentement par un cylindre 5, qui est mû par un mouvement d’horlogerie V (fig. 301).