ALPHABET DE MORSE
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Lorsqu’on assiste à l’envoi ou à la réception d’une dépêche dans un poste télégraphique, on est étonné de la promptitude et de la précision avec lesquelles les employés lisent et transmettent les signaux.
Pour compléter la description qui précède, il nous reste à faire connaître l’usage du paratonnerre M (fig. 301). L’expérience ayant appris que sous l’influence des nuées orageuses il s’accumule dans les fils électriques des quantités d’électricité suffisantes pour donner des étincelles redoutables à ceux qui font marcher les appareils, c’est cet accident que le paratonnerre est destiné h prévenir. A cet effet, il se compose de deux pièces métalliques dentées comme des scies, et disposées l’une à côté de l’autre de manière que les pointes des dents soient presque en contact. Cela posé, à l’arrivée et au départ, le courant passe dans une de ces plaques, tandis que l’autre est en communication directe avec la terre. Par suite, si, par l’influence d’un nuage orageux , l’électricité s’accumule dans les fils et dans les appareils, elle se dégage par les pointes sur la
ELECTRICITE
plaque qui communique au sol , et perdant ainsi sa tension , toute explosion est évitée.
Dans tout ce qui précédé, on n’a considéré qu’un seul fil L, allant du poste d’où part le courant ( fig. 301 ) à celui qui le reçoit ( fig. 302 ). Il semble qu'il en faudrait un second destiné à fermer le courant, c’est-à-dire à le ramener de la figure 302 au pôle négatif de la pile ( fig. 301 ). Or, on évite l’emploi de ce deuxième fil, en faisant, à un bout de la ligne, plonger dans un puits le fil T ( fig. 301 ) qui part du pôle négatif de la pile, et à l’autre bout le fil T ( fig. 302 ) par lequel le courant sort du récepteur. Les fluides positif et négatif des pôles se perdant alors dans le sol, le courant continue à circuler d’un pôle à l’autre, comme s’il était ramené par la terre.
407. Rapidité de la tran*mi»ion , fils sous -marins. — L’expérience a fait voir que le fluide électrique se transmet dans les fils télégraphiques avec la prodigieuse vitesse de 172 000 kilomètres par seconde; ce qui revient à dire que l’électricité ferait plus de quatre fois le tour de notre globe en une seconde. On conçoit dès lors que la transmission des dépêches peut être regardée comme instantanée, et l’intervalle qu’elle exige dans la pratique ne provient pas du temps nécessaire à la propagation du fluide électrique, mais de celui qu’exige la manipulation des appareils.
Quoique bien récent, le télégraphe électrique est déjà d’un usage général en Europe et dans l’Amérique du Nord. Non -seulement un immense réseau métallique parcourt en tous sens ces deux continents , mais des fils sous-marins unissent l’Angleterre à l'Irlande, à la Hollande et à la France. Malte, la Sardaigne, Alger, communiquent de même avec les ports français de la Méditerranée.
Enfin , la plus belle conquête remportée jusqu’ici par l’électricité est la réunion toute récente de l’Amérique à l’Europe par un fil métallique recouvert de gutta-percha ; plongeant à des profondeurs inconnues, ce fil p^rt de Yalentia , à l’extrémité de l’Irlande, et se termine à Placentia, à l’extrémité de Terre-Neuve. Beaucoup de savants refusaient de croire à la réalisation d’une aussi gigantesque entreprise, et regardaient comme impossible que l’électricité se transmit à une aussi grande distance. Mais aujourd’hui le fait est accompli, le courant se propage sur un parcours de 800 lieues, et