‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 188 sur 199 · MOTEURS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES · texte numérisé non relu

MOTEURS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES

les signaux sont transmis; seulement, la vitesse de propagation est moindre que dans les fils télégraphiques ordinaires. De même qu’on a dit à une autre époque « il n’y a plus de Pyrénées », on peut donc dire désormais, avec plus de vérité, « il n’y a plus d’Atlantique. »

408. Moteur* électro- magnétique*. — Un grand nombre de physiciens ont essayé d’utiliser la force attractive des électroaimants comme force motrice. M. Jacobi, à Saint-Pétersbourg, paraît être le premier qui ait construit une machine de cette espèce, avec laquelle, en 1838, il put faire remonter la Newa à une chaloupe portant douze personnes. Depuis, on a varié extrêmement la forme de ces machines; mais, dans toutes, la consommation en zinc et acide de la pile qui les fait marcher, l’emporte de beaucoup, à force égale, sur la dépense du combustible dans les machines à vapeur.

La figure 305 représente une machine électro- magnétique dont le dessin a été pris dans les ateliers de M. Froment. Elle se compose de quatre électro-aimants agissant, par couple de deux, sur deux pièces de fer doux P, dont une seule est visible dans la figure. Cette pièce, attirée par les électro-aimants EF, transmet le mouvement, au moyen d’une bielle, à une manivelle m fixée à l’extrémité d’un arbre métallique horizontal. Celui-ci porte une grande roue de fonte qu’on nomme volant, et qui sert à régulariser le mouvement de rotation. Enfin, sur le même arbre est une pièce n de métal, d’un plus fort diamètre, dont on va voir ci-après la fonction.

Cela posé, le courant de la pile entrant en A, passe dans une plate-forme B, de fonte; puis, par différentes pièces métalliques, gagne l’arbre et la pièce métallique n, que nous venons de considérer. De là, le courant doit se porter alternativement sur le premier couple d’électro-aimants EF, puis, sur le second ef. Pour comprendre comment s’opère ce changement dans la marche du courant, reportons-nous à la figure 306 qui représente une section de la pièce n et de ses accessoires. Sur cette pièce n est une partie saillante e qu’on nomme comme , et qui, pendant une révolution complète, touche successivement deux palettes a et b; celles-ci sont destinées à transmettre aux électro-aimants le courant qui se propage dans le sens indiqué par les flèches sans plumes, celles qui sont garnies de plumes marquant, non pas la direction du courant,

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Moteur électro-magnétique de M. Froment.

COURANTS d’induction. 517

mais le sons suivant lequel se meuvent les pièces de la machine.

Ces détails connus, on voit que le courant passant alternativement dans les deux palettes a et b, et do là dans les deux systèmes d’électro- aimants EF et ef, la pièce P est d’abord attirée, puis ensuite une pièce semblable placée à l’autre extrémité de l'arbre du volant. De là résulte un mouvement circulaire continu , qui se transmet par une courroie sans fin à un système d’engrenages qui font marcher deux pompes élévatoires.

Quand on visite les belles galeries de M. Froment, rien n’est curieux comme ces moteurs, ces télégraphes, ces horloges électriques, communiquant tous par une série de fils à un appareil voltaïque, et n’attendant qu’une communication électrique, réglée au loin par le doigt du maître, pour entrer en mouvement ou s’arrêter avec une admirable précision. Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les phénomènes des courants, c’est à se croire transporté dans la demeure de quelque habile magicien.

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