‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 191 sur 199 · POISSONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

POISSONS ÉLECTRIQUES

effet, elle n’est pas toujours inoffensive. Mal appliquée ou appliquée mal à propos, elle a déjà plusieurs fois accasionné des effets fâcheux.

412. Poisson» électriques. — Nous terminerons ici l’étude des phénomènes électriques en faisant connaître une source d’électricité fort curieuse : c'est l’électricité animale qu’on observe dans certains poissons possédant la faculté de donner à volonté, à ceux qui les irritent, des commotions extrêmement violentes, comparables à celles que donnerait une batterie de plusieurs bocaux.

Ces poissons comprennent trois espèces : la torpille, le gymnote et le silure. La plus connue est la torpille, espèce de raie, qu'on trouve dans la Méditerranée. Lorsqu’on la tient à la main, elle donne ses décharges dans l’air comme dans l’eau; elles sont si intenses et se répètent avec une telle rapidité qu'il est impossible de les supporter. Toutefois, l’animal s’épuise, et il faut non-seulement le remettre dans l’eau salée, mais lui laisser un certain temps de repos, pour que ses fonctions électriques se rétablissent.

Le gymnote, ou anguille de Surinam, a été étudié, par MM. Humboldt et Bompland, dans l’Amérique du Sud. C'est une espèce d’anguille qu’on pèche de la manière suivante. Les Indiens réunissent des chevaux sauvages qu’ils amènent de la savane voisine, et les forcent à entrer dans les marais où se tiennent les gymnotes. Ceux-ci, effrayés par le piétinement des chevaux, se défendent par des décharges réitérées. Plusieurs chevaux, étourdis par la violence des commotions, disparaissent sous l’eau et succombent. D’autres, haletant, la crinière hérissée, les yeux hagards et exprimant l’angoisse, cherchent à fuir; mais ils sont repoussés par les Indiens. Cependant, peu à peu l’impétuosité de ce combat inégal diminue; les gymnotes épuisés se. dispersent, et il leur faut un long repos et une nourriture abondante pour réparer ce qu’ils ont perdu de force galvanique. Ils s’approchent alors timidement du bord des marais, où on les prend au moyen de petits harpons attachés à de longues cordes.

Les Commotions que donnent ces différentes espèces de poissons ont bien une origine électrique. En effet, M. Matteucci, qui a fait une étude complète de la torpille, a pu non -seulement en tirer des étincelles, mais il a vu l’aiguille du galvanomètre dévier lors-

É LECTR1CITÉ.

qu’on mettait l’un des bouts du fil en .contact avec le dos de l’animal, l’autre avec l’abdomen. Enfin, il a pu aimanter un petit barreau d’acier placé au centre d’une hélice dans laquelle il faisait passer la décharge d’une torpille. Dans tous les cas, la commotion que lance l’animal est volontaire; on la détermine en l’irritant en un point de son corps, et surtout en pinçant ses nageoires. Quant à l’organe où l’électricité prend naissance, M. Matteucci a reconnu que, dans la torpille, il est double et placé des deux côtés de la tête. Chez le gymnote, c’est dans la queue que se trouve l’organe électrique.

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