PROPRIÉTÉS PARTICULIÈRES
quence remarquable que les os des animaux, Ips plumes des oiseaux, les tiges des graminées et d’un grand nombre d’autres plantes, opposent à la rupture plus de résistance, que si, à masses égales, c’est-à-dire sans peser davantage, elles étaient pleines.
6i. Dureté. — On entend par dureté d’une substance la résistance qu’plie présente à être rayée ou usée par une autre.
On compare la dureté de deux corps en cherchant celui qui raie l’autre. On a constaté ainsi que le plus dur de tous les corps est le diamant, car il raie tous les corps et n’est rayé par aucun. Après lui viennent le saphir, le rubis, le cristal de roche, le silex, etc.
On ne doit pas confondre la dureté d’un corps avec sa résistance au choc ou à la pression. Le verre, le diamant sont beaucoup plus durs que le bois, le fer et tous les autres métaux, et cependant ils résistent beaucoup moins au choc : ils sont plus cassants.
(Juand on allie ensemble plusieurs métaux, l’alliage est, en général, plus dur que les métaux qui le composent. Par exemple, c’est pour donner plus de dureté à l'or et à l’argent, qui sont des métaux mous, que, dans la bijouterie et dans la fabrication des monnaies, on les allie au cuivre. De même, pour donner plus de consistance aux poteries d’étain, on allie ce métal à une petite quantité de plomb.
La dureté des corps est utilisée dans les poudres à polir, comme l’émeri, le tripoli, qui sont des substances minérales. Le diamant étant le plus dur de tous les corps, on ne peut l’user qu’à l’aide d’une poudre nommée égrisée , laquelle n’est autre chose que du diamant pulvérisé.
65. Ductilité. — La ductilité est la propriété que possèdent certains corps de s’étirer en fils, ou de s’étendre en feuilles, par l'effet de tractions ou de pressions plus ou moins considérables.
Il est des corps, comme la cire, l’argile, le mastic de vitrier, dont la ductilité est telle qu’ils peuvent être étirés, aplatis, modelés entre les doigts avec la plus grande facilité. Four d’autres, comme le verre, les résines, cette propriété ne se manifeste que lorsque ces corps sont portés à une certaine température. Le 'verre est même alors tellement ductile qu’il peut s’étirer en lils d’une finesse extrême et assez flexibles poiir qu’on ait pu en fabriquer des étoffes. Un grand nombre de métaux, comme l’or, l’argent, le
PROPRIETES PARTICULIERES.
cuivre, sont ductiles, mémo à la température ordinaire, mais il faut alors des efforts puissants, tels que ceux qu’on obtient à l’aide de la filière ou du laminoir.
66. Malléabilité. — La malléabilité est la propriété qu’ont les métaux ductiles de s’étendre sous le marteau. Cette propriété augmente beaucoup avec la température ; tout le monde sait que le fer, par exemple, se forge bien plus facilement à cbaud qu’à froid.
L’or est très-malléable, môme à la température ordinaire. Pour le réduire en feuilles très-minces, les batteurs d'or en fabriquent d’abord, à l’aide du laminoir, de longues lames de deux à trois centimètres de large et d’un millimètre d’épaisseur environ. On coupe ensuite ces lames en petits carrés qu’on étend sous le marteau, puis on les coupe et on les bat de nouveau, et ainsi de suite. Mais si on frappait directement dessus, on ne pourrait continuer longtemps l’opération, parce que le métal se déchirerait; on est obligé de placer les lames que l’on bat entre des feuilles d’une substance qui , sous une faible épaisseur, possède une grande résistance. Ce sont d’abord desfeuilles de vélin et de parchemin bien dégraissées, et enfin des feuilles de baudruche. On arrive ainsi à des feuilles d’or tellement minces qu’il en faut 800 superposées pour former une épaisseur d’un millimètre. L’argent et le cuivre se travaillent de la même manière. Ce sont desfeuilles ainsi préparées qu’on emploie dans les arts pour la dorure sur métal, sur bois, sur papier, sur toile peinte, etc.
La ductilité des métaux varie suivant qu’on les travaille à la filière, au laminoir ou au marteau. En groupant les métaux usuels par ordre de ductilité décroissante, on trouve : à la filière, le platine, l’argent, le fer, le cuivre, l’or, le zinc, l’étain et le plomb; au laminoir, l’or, l’argent, le cuivre, l’étain, le plomb, le zinc, le platine et le fer; au marteau, le plomb, l’étain, l’or, le zinc, l’argent, le cuivre, le platine et le fer. Tous ces métaux doivent être purs; s’ils sont alliés à un métal ou à une autre substance, ils sont cassants et fort peu ductiles.