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CHAPITRE II

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES CORPS

7. Étendue. — On entend par 'propriétés générales celles qui sont communes à tous les corps, solides, liquides ou gazeux; telles sont Y étendue. Y impénétrabilité, la divisibilité, la porosité, la compressibilité, V élasticité, ï inertie et la pesanteur. Toutefois, ce ne sont pas là les seules propriétés générales ; nous constaterons qu’il en existe encore plusieurs, qui seront étudiées, les unes en traitant de la chaleur, les autres en traitant de l’électricité.

La première propriété générale que nous présentent les corps est leur étendue, c’est-à-dire la portion de l’espace qu’ils occupent. Tous les corps, même les plus petits, même les atomes, ont une étendue. Si l’on ne considère -l'étendue que dans un sens seulement, la longueur, on a la ligne', si on la considère en deux sens, longueur et largeur, on a la surface', enfin, prise en trois sens, longueur, largeur et épaisseur, elle constitue lo volume. Il est à remarquer que l’étendue n’est pas seulement une propriété générale, mais en outre une propriété essentielle, car il est évident qu’un corps ne peut exister sans une certaine forme, et, par suite, sans occuper une portion plus ou moins grande de l’espace.

8. Impénétrabilité. — i,’ impénétrabilité est une propriété en vertu de laquelle deux corps ne peuvent occuper simultanément le même lieu de l'espace.

Cette propriété est évidente par elle-même et doit, de même que l’étendue, être regardée comme une propriété essentielle. Cependant, souvent on observe des phénomènes dans lesquels il semble y avoir pénétration d’un corps par un autre. Par exemple, si l’on mélange un litre d’eau avec un litre d’alcool, on trouve qbe le

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volume du mélange est moindre que deux litres. Une contraction semblable se produit dans les alliages de certains métaux, par pxemple, dans celui du zinc et du cuivre connu sous le nom de laiton. On pourrait croire que, dans ces divers phénomènes, il y a pénétration des parties, mais il y a seulement un groupement nouveau, un changement de position des molécules, et, par suite, un rapprochement entre elles et une diminution de l’espace occupé par les pores.

Il n’y a pas davantage pénétration lorsqu’on enfonce un clou dans du bois. Les molécules do celui-ci sont repoussées par le clou, mais partout où il a pénétré, il n’y a plus de bois. Quand on verse de l’eau sur un monceau de sable, on la voit disparaître aussitôt; or, ce n’est pas dans la substance môme du sable que le liquide pénètre, c’est dans les interstices qui existent entre les grains de sable.

9. Divisibilité. — La divisibilité est la propriété qu’ont tous les corps de pouvoir être partagés en parties plus ou moins petites. Cette propriété est remarquable par l’extrême ténuité des parties dans lesquelles les corps peuvent être divisés, ainsi que le montrent de nombreux exemples. Nous citerons les suivants :

La couleur rouge connue sous le nom de carmin a un pouvoir colorant si riche que cinq centigrammes de cette substance, formant à peu près le poids et le volume d’un grain de blé, suffisent pour colorer d'une manière sensible dix litres d'eau. Or, un litre contenant un million de millimètres cubes, si l’on admet que chaque millimètre cube d’eau contienne dix molécules de carmin, ce qui est encore bien au-dessous de la vérité, cela donne dix millions de parties visibles dans cinq centigrammes de carmin.

On a encore un exemple de l’extrême divisibilité de la matière dans les animaux microscopiques , qu’on nomme ainsi parce qu’ils sont tellement petits qu’ils échappent complètement à l’œil nu, et ne sont visibles qu’à l’aide d’instruments grossissants, nommés microscopes. On rencontre ces petits animaux dans la colle de pâte, quand elle a fermenté, dans les eaux stagnantes, dans le vinaigre, dans la croûte des fromages secs, etc. ; quelques-uns sont tellement petits, que plusieurs centaines pourraient tenir sur la pointe d'une épingle. Cependant ces animaux se meu-

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vent, se nourrissent ; ils ont donc des organes, et, par conséquent, combien sont petites les particules dont ceux-ci sont formés ! Comme exemple de divisibilité, on peut aussi citer les molécules

émises dans l’atmosphère par les matières odorantes. Par exemple, on a constaté qu’un morceau de musc, qui avait fourni pendant vingt ans des émanations odorantes à l’air libre, n’avait rien perdu de son poids. De même, on a analysé chimiquement l’air infect pris dans les égouts de Paris, et celui qui avait été recueilli dans un espace libre sur les quais, près du pont de la Concorde, et on n’a pu y constater aucune différence de composition.

10. Porosité — On nomme pores les intervalles extrêmement petits qu’on a vus ci-dessus exister entre les molécules des corps (4), et porosité la propriété que présentent tous les corps d’avoir des pores.

Les pores se distinguent facilement dans l’éponge, dans plusieurs espèces de pierres, dans les bois tendres, mais dans beaucoup de corps ils ne sont pas visibles; toutefois, l’expérience n’en démontre pas moins l’existence. Dans les cours, on démontre la porosité au moyen de l’expérience suivante: on a un long tube de verre (fig. 1) surmonté d’un godet de cuivre, dont le fond est un disque de cuir épais. A sa partie inférieure, ce tube est terminé par un pied de

Fig. t. — Porosité.

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