DES AÉROSTATS
1 38. Effet de la pression atmosphérique sur les corps qui flottent dans l’atmosphère. — On a vu (87) que tout corps plongé dans un
liquide supporte, de bas en haut, une poussée égale au poids même du liquide qu’il déplace. Or, ce principe, qui a été démontré sous le nom de principe d’ Archimède , est général et s’applique aux gaz aussi bien qu’aux liquides. On démontre, par l’expérience, la poussée de bas en haut que .supportent les corps plongés dans l'air, à l’aide d’un petit appareil nommé horoscope, de deux mots grecs qui signifient voir le poids. II se compose d’un fléau de balance portant, à l’une de ses extrémités, une grosse boule de cuivre creuse, et, à l’autre, une petite masse de plomb. Le poids de cette dernière est réglé do manière à faire exactement équilibre, dans l'air, à la boulo de cuivre, c’est-à-dire que le fléau est alors horizontal; mais si 1 on place 1 appareil sous le récipient de la machine pneumatique et qu’on fasse le vide, on voit le fléau incliner vers la boule de cuivre (fig. 104). Cette dernière pèse donc réellement plus que la masse de plomb. Si son excès de poids n’est pas apparent dans
Fig. 104. — Baroscope.
AEROSTATS.
l’air, c’est que déplaçant un plus grand volume de ce fluide que ne le fait la masse de plomb, elle supporte une plus forte poussée de bas en haut et, par suite, perd plus de son poids.
On peut donc généraliser le principe d’Archimède (88) et dire qué tout cotais plongé dans un fluide quelconque , liquide ou gazeux , perd une partie de son poids égale au poids du fluide qu'il déplace . Il découle de là que lorsqu’on pèse un corps dans l’air, on obtient, en général, un poids trop faible. Pour que le poids fût exact, le volume d’air déplacé par le corps à peser qui est placé dans un des plateaux de la balance, devrait être précisément le même que celui déplacé par les poids qui sont dans l’autre plateau, ce qui n’est pas le cas ordinaire. Ce n'est donc qu’en pesant les corps dans h> vide qu'on peut avoir leur véritable poids.
Dans la poussée de bas en haut que supporte un corps plongé dans l’air, il se présente trois cas : ou le corps pèse plus que l’air qu’il déplace, et alors son |>oids l'emportant sur la poussée de bas en haut, il tombe, c'est le cas le plus général; ou bien, le corps pèse précisément autant que le volume d’air déplacé, et alors les deux forces qui le sollicitent, l’une à s’élever, l’autre à descendre, se faisant équilibre, il reste en suspension dans l’atmosphère; ou enfin, le corps pesant moins que le volume d’air dont il occupe la place, c’est la poussée qui prédomine, et alors le corps s'élève : c’est ce qui a lieu pour la fumée, pour la vapeur d’eau qui forme les nuages, pour les ballons.
139. Invention des ballons. — Les ballons, ou aérostats, sont de vastes globes de taffetas enduit d'un vernis qui le rend imperméable; ces globes, remplis d'un gaz plus léger que l’air, s’élèvent dans l'atmosphère en vertu de la poussée qu’ils supportent de bas en haut.
L’invention des ballons est due aux deux frères Etienne et Joseph Montgolfier, fabricants de papier dans la petite ville d’Annonay, département de l’Ardèche, où la première expérience eut lieu le 5 juin 1783, en présence des États-Généraux, avec un ballon de toile, doublé de papier, ayant 36 mètres de circonférence, et pesant “250 kilogrammes. Ce ballon étant ouvert à sa partie inférieure, on brûla au-dessous de la paille mouillée, du papier,