AÉROSTATS
de la laine. L’air chaud qui pénétrait ainsi dans son intérieur, le gonfla peu à peu, et quand il fut rempli d’air dilaté, moins dense que l’air extérieur, le poids de l’enveloppe et de l’air chaud qu’elle contenait se trouvant moindre que le poids de l’air déplacé, le ballon s’éleva en quelques instants à plus de deux mille mètres de hauteur, à la grande stupéfaction des nombreux spectateurs; mais.il retomba bientôt, l’air chaud qui le remplissait s’étant refroidi rapidement dans les hautes régions de l’atmosphère.
L’expérience d’Annonay eut un grand retentissement dans toute la France, où elle excita partout autant la surprise que l’admiration. Paris, étonné de se voir ainsi devancé par une petite ville de province, se hâta de répéter l’expérience des frères Montgolfier. En attendant l’achèvement d’un immense ballon que faisait construire le gouvernement, sous la surveillance d’Étienne Montgolfier, les frères Robert, mécaniciens, sous la direction de Charles, professeur de physique, construisirent un ballon en taffetas enduit de caoutchouc, n’ayant que 4 mètres de diamètre. Ce petit ballon, au lieu d’étre rempli d’air chaud, comme celui des Montgolfier, le fut d’hydrogène, ou air inflammable, comme on l’appelait alors. L’emploi dé co gaz présentait d’incontestables avantages, car étant à peu près quatorze fois plus léger que l'air, il procurait au ballon une force ascensionnelle bien supérieure à celle qu’on pouvait obtenir par l’emploi de l’air chaud ; en outre, on n’était plus obligé de brûler des matières combustibles au-dessous du ballon, procédé fort dangereux, puisque le feu pouvait à chaque instant se communiquer à l’aérostat.
Ce fut le 27 août, à cinq heures du soir, au Champ -de- Mars, que ce petit globe inaugura les premiers ballons à gaz hydrogène.
Un coup de canon annonça son départ : dépouillé des liens qui le * retenaient, il s’éleva avec une vitesse telle qu’il fut porté, en quatre minutes, à plus de 850 mètres de hauteur, puis se perdit dans un nuage. Un second coup de canon annonça sa disparition. La pluie qui tombait n’empêcha pas une foule enthousiaste de le suivre des yeux, en battant des mains, jusqu’à ce qu’il disparût. « Jamais, écrit Mercier, leçon de physique ne fut donnée devant un plus nombreux et plus attentif auditoire. » Ce ballon alla tombera cinq lieues de Paris, près Gonesse, à la grande surprise des habitants, qui,