PROPAGATION DU SON. 1T
le vide dans ce ballon, au moyen de la machine pneumatique, on l’agite pour faire résonner la clochette, mais elle ne fait entendre aucun son. Or, si ouvrant le robinet, on fait rentrer dans le ballon, de l’air, un gaz quelconque ou une vapeur, on entend distinctement le son chaque fois qu’on secoue le ballon.
On fait encore cette expérience en plaçant sous le récipient de la machine pneumatique une sonnerie mue par un mouvement d’horlogerie, un réveille-matin, par exemple. Tant que le récipient est plein d’air, on entend résonner le timbre do la sonnerie; mais* à mesure qu’on raréfie l’air, le son s’affaiblit et cesse tout à fait lorsque le vide est complet. Toutefois, il faut pour cela disposer la sonnerie sur de la ouate; sinon les pièces dont elle est composée transmettent le son au plateau de la machine pneumatique, et celui-ci à l’air extérieur. Il est même difficile d’éteindre entièrement le son qui tend
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dan* le vide. ainsi à être conduit au dehors.
Plus on s’élève sur les hautes montagnes, plus l’air devient rare et léger, ‘et plus le son perd de sa force. Saussure ayant tiré un coup de pistolet sur le Mont-Blanc, n’entendit qu’un faible bruit semblable à celui d’un béton qu’on brise. Si, nous élevant davantage, nous pouvions dépasser les limites do notre atmosphère et vivre dans le vide, nous serions toujours entourés du silence le plus profond.
118. Propagation du son dans les liquides et dans les solides.
— Le son ne se propage pas seulement dans les gaz, mais aussi dans les liquides et dans les corps solides. En effet, les plongeurs entendent sous l’eau les bruits qui partent du rivage, et réciproquement de celui-ci on perçoit les sons produits au fond de l’eau. Quant aux solides, ils conduisent si bien le son, que si l’on parle à voix basse à l’extrémité d’une poutre de sapin de 20 à 25 mètres de longueur, on est entendu par une personne qui applique son oreille k l’autre bout, tandis qu’une personne placée à une distance beaucoup moindre n’entend rien. De même, le son se propage si facilement dans le sol que, la nuit, en appliquant l’oreille contre * terre, on peut entendre, à de grandes distances, des pas de cho-
ACOUSTIQUE
vaux ou tout autre bruit. C’est par le même effet que, dans la construction des galeries souterraines, le mineur se guide par le son Iransmis à travers des masses considérables do rochers, vers le mineur qu'il doit rejoindre.
149. Vîte»»e du ton dam l'air. — Un grand nombre de phénomènes nous font voir qu’il faut au son un certain temps pour so
Fig- 110. — Mesure de la vitesse du son.
propager d’un lieu à un autre. Par exemple, si l'on fait attention aux coups que frappe un bûcheron sur une colline opposée à celle où l’on se trouve , on voit sa hache tomber en silence , et on n’entend le son que lorsque l’outil déjà relevé se prépare à tomber de nouveau. De même, pendant la nuit, si un chasseur tire au loin uno arme à feu, l'explosion n’est entendue que quelques instants après qu’on a vu la lumière qui l’accompagne. Enfin , le bruit de la foudre n’éclate qu’un certain temps après l’apparition de l'éclair, quoique, dans la nue, l’éclair et le roulement du tonnerre se produisent simultanément.
Pour déterminer expérimentalement la vitesse avec laquelle le son se transmet dans l’air, les membres du bureau des longitudes de l’Observatoire de Paris firent, en juin 182î, pendant la nuit, •