PROPAGATION DU SON
avoir constaté que, lorsqu’un corps résonne, ses molécules effectuent des vibrations rapides, il nous reste à faire voir comment ces vibrations se transmettent jusqu’à l’oreille pour y faire naître la sensation du son. Or, cette transmission a toujours lieu par l’intermédiaire d’un milieu élastique en contact d’un côté avec le corps qui rend un son, et de l’autre avec l’organe de l'ouïe. C'est ordinairement l'air qui sert ainsi de véhicule au son. Ce fluide étant trèsmobile, très-compressible, très-élastique, ses molécules, en contact avec les différents points du corps sonore, prennent des mouve-
Fig. 108. — Propagation des ondes sonores
ments semblables à ceux de ces points; elles vont et viennent avec eux, en sorte que chaque molécule d'air en contact avec le corps est poussée en avant, dans la direction du son, puis revient sur elle- môme après avoir communiqué son mouvement à la molécule qui la suit immédiatement ; puis celle-ci agit de môme sur la molécule qui vient après elle, et ainsi de suite jusqu’aux molécules en contact avec le tympan. On nomme ainsi une membrane placée au fond du canal auditif de l’oreille, et destinée à recevoir les vibrations de 1 air qu’elle transmet, par une suite de petits osselets et de liquides, jusqu’au nerf acoustique et de là au cerveau, qui perçoit enfin la sensation du son.
A chaque impulsion imprimée par un corps qui résonne, aux molécules dair qui sont en contact avec lui, ces molécules pressant à leur tour celles qui les suivent, il se produit dans l’air, jus-
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qu’à une certaine distance, une partie condensée qu’on désigne sous le nom d onde condensée ; puis, quand le corps vibrant revient sur lui-méme, les molécules d'air les plus proches le suivant dans son mo.uvement, il en résulte dans l’air une partie raréfiée, qui suit l'onde condonsée, et qu’on nomme elle-même I onde raréfiée. L’ensemble de fonde condensée et de fonde raréfiée constitue une onde sonore. C’est par le développement toujours croissant des ondes sonores, sous la forme de sphères dont le corps vibrant est le centre, que le son se propage dans toutes les directions (Gg. 108). Lorsqu’on jette une pierre dans une eau tranquille, il se forme, autour du point où elle tombe, une série d’ondes concentriques qui vont toujours en se développant et qui donnent assez bien une idée de la propagation des ondes sonores dans l’air.
1 46. Coexîitence des onde* sonores. — Il est à remarquer que plusieurs sons peuvent se propager simultanément dans l’air sans se nuire les uns aux autres, toutes les ondes se pénétrant et se croisant dans l'espace sans se modifier. Fn effet, dans les symphonies les plus compliquées, une personne dont- l'oreille est exercée reconnaît et suit facilement les sons de chaque instrument. Toutefois, un son trop intense nuit à un son faible; par exemple, le son du tambour couvre la voix. Il arrivo aussi que des sons trop faibles ou trop éloignés pour être entendus distinctement s’ajoutent pour produire un son confus qui devient perceptible à l’oreille. Telle est la cause du murmure des eaux, du bruissement des feuilles dans les forêts, du mugissement des vagues sur le rivage des mers.
\ 47. Le «on ne te propage pat dant le vide. — Le SOn ayant pour cause les ondulations excitées dans l’air par les vibrations des corps élastiques, il est évident que si entre un corps vibrant et l’organe de l’ouïe, il n’existe aucun milieu élastique qui puisse transmettre à ce dernier les vibrations du corps, il n’y a plus aucun son possible. Le milieu qui nous transmet les vibrations des corps soiiores est ordinairement l’air, mais il pourrait être un gaz quelconque, même uno vapeur, un liquide ou un solide.
Pour démontrer, par l'expérience, que le son ne se propage que par l’intermédiaire d’un milieu élastique, on prend un ballon de verre un peu grand, muni d’un robinet, dans l’intérieur duquel est suspendue, par un fil, une petite clochette (fig. 109). Avant fait