THERMOMÈTRES
montre la figure 130. Versant ensuite dans l’entonnoir une certaine quantité de mercure, celui-ci ne passe pas d’abord, étant retenu par la résistance que lui présentent le petit diamètre du tube et la force élastique de l’air qui remplit la boule. Mais si l’on
chauffe celle-ci légèrement sur des charbons incandescents ou à la flamme d’une lampe à alcool, l'air intérieur se dilate et sort en partie, en se dégageant en bulles à travers le mercure qui est dans l’entonnoir. Or, si on laisse alors refroidir quelques instants, l’air qui reste à l’intérieur se contracte, et sa force élastique diminuant, la pression atmosphérique qui pèse sur le mercure contenu dans l’entonnoir le force à passer dans la boule, où il tombe goutte à goutte. Toutefois, comme il y a encore de l’air dans la boule, elle ne se remplit pas tout à fait; mais en chauffant * Y| A de nouveau et laissant ensuite
refroidir, une nouvelle quantité de mercure pénètre dans l’instrument, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y reste plus qu’un très-petit volume d’air. Pour l’expulser tout à fait, on est obligé de chauffer la boule jusqu’à ce que le mercure qu’elle contient entre en ébullition ; les vapeurs mercurielles qui se dégagent entraînent enfin tout l’air qui restait, et en laissant refroidir, la boule et tout le tube se remplissent complélerùent. On enlève alors l'entonnoir en coupant le tube au moyen d'un simple trait qu’on trace dessus avec l’arète d'une lime triangulaire, puis on ferme l’extrémité du tube en la soudant à la lampe d’émailleur; on nomme ainsi une lampe à huile dont la flamme est
Fig. 130. — Remplissage do therm.
Fig. 131. — Therm.
non gradué.
CALORIQUE
traversée par un courant d’air rapide, qui l’active fortement et en élève beaucoup la température. Toutefois, avant de fermer le tube, il faut avoir soin de chauffer le thermomètre de manière à faire
sortir assez de mercure pour qu’a la température ordinaire le tube ne soit rempli qu’au quart ou au tiers; sans cette précaution, le mercure, en se dilatant, briserait l’instrument. Le thermomètre est alors tel qu’il est représenté dans la figure 131 ; il ne reste plus qu’à le graduer.
178. Graduation du thermomètre. — Le thermomètre étant formé, comme on vient de le voir, d’une boule remplie de mercure et d’un tube très-capillaire soudé à cette boule, tube que nous désignerons désormais sous le nom de tige, toutes les fois que la température s’élève ou s’abaisse , le mercure de la boule se contractant ou se dilatant, on voit le liquide monter ou descendre dans la tige, et ce sont ces variations de hauteur qui servent à la mesure des températures ; mais, pour cela, il est nécessaire de tracer le long de cette tige une échelle graduée qui donne le moyen de mesurer avec précision les dilatations et les contractions du mercure. Pour la graduation de cette échelle, on a adopté deux points fixes correspondant à des températures invariables et faciles à reproduire. Ces températures sont : l’une, celle de la glace fondante; l’autre, celle de l’eau bouillante. Ce choix est fondé sur ce que l’expérience a appris que la tempé-
Fig. 132.— Détermination du zérodù therm.