‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 79 sur 199 · CONDUCTIBILITÉ · texte numérisé non relu

CONDUCTIBILITÉ

199. Conductibilité de» gaz. — Les gaz sont très-mauvais conducteurs de la chaleur; mais il n'est pas facile de le constater directement, à cause de l’extrême mobilité de leurs molécules. En effet, aussitôt qu’ils sont échauffés en une partie quelconque de leur masse, il se produit des dilatations et des courants, en vertu desquels les parties échauffées vont se mélanger avec les parties froides; de là une élévation générale de température qu’on serait porté à regarder comme un effet de conductibilité. Mais toutes les fois que les gaz sont gênés dans leurs mouvements, on remarque que leur conductibilité parait être sensiblement nulle, comme le prouvent les différents exemples ci-après.

200. Application» diverse». — La différence de conductibilité des corps nous donne l’explication do plusieurs phénomènes et nous présente des applications nombreuses. Par exemple, dans nos habitations, si les carreaux de brique nous paraissent plus froids que les parquets, c’est qu’ils conduisent mieux le calorique. Les lapis sont encore plus chauds que les parquets, parce qu’ils conduisent moins bien.

C’est à cause de la faible conductibilité des matières ligneuses qu’on recouvre d’osier les manches des cafetières de cuivre, qu’on met des manches de bois aux théières, aux fourneaux portatifs, et des poignées de même matière aux fers à repasser.

Des corps qui sont sensiblement à la même température nous occasionnent souvent des sensations de froid ou de chaleur trèsdifférentes lorsque nous les* touchons; c’est encore là un effet de leur plus ou moins de conductibilité. Par exemple, dans un appartement, posez la main sur un meuble de bois ou sur les feuillets d’un livre, ils vous paraîtront peu froids ; posez-la sur une console en marbre, la sensation de froid sera plus grande; elle le sera davantage encore si vous touchez un métal. Tous ces corps, qui sont plus froids que votre main, lui enlèvent du calorique, mais en quantité inégale; ce sont les meilleurs conducteurs qui en enlèvent le plus, parce qu’ils le transmettent plus facilement dans leur masse. Si tous ces corps étaient plus chauds que votre main, mais tous à la même température entre eux, c’est le métal qui vous paraîtrait le plus chaud, puis le marbre, le bois et le papier, car alors ce sont les meilleurs conducteurs qui cèdent le plusde chaleur.

C A L « Hl y U E.

Pour conserver de la glace dans la saison chaude, on l’entoure de paille, de sciure de bois, de couvertures de laine; on emploie les mômes moyens, pendant les froids, pour préserver les plantes de la gelée. Dans le premier cas, il s’agit de s’opposer à l’accès du calorique; dans le second, à sa déperdition; et c’est toujours à l’aide de substances non conductrices. • .

Le plumage des oiseaux, les fourrures des animaux, sont des applications que nous offre la nature de la non-conductibilité de l’air. En effet, non-seulement les plumes, les fourrures, la laine, le coton, sont des substances peu conductrices; mais entre leurs fibres se trouve interposée une masse d’air très-considérable, qui sè comporte comme un écran pour s’opposer à la déperdition de la chaleur. Dans les pays chauds, les fourrures des animaux sont à poil ras et peu serré; dans le Nord, au contraire, elles sont en général longues, serrées et très-fines. C’est chez les oiseaux des régions glaciales que se trouve ce duvet moelleux qu’on nomme édredon , et qui, avec la fourrure du lièvre blanc de Russie, est une des substances qui retiennent le mieux la chaleur.

Dans le règne végétal, l’écorce des arbres, qui est peu dense et dont le tissu très-poreux contient beaucoup d’air, est aussi un excellent préservatif contre le froid. Enfin, c’est par leur structure fibreuse et par l’air qui en remplit les interstices que les vêtements que nous appelons chauds nous préservent du froid. Ils ne sont pas chauds par eux-mêmes, ils ne nous donnent point de chaleur, mais ils maintiennent autour de nous une couche d'air qui • devient un obstacle au dégagement de la chaleur. Aussi plus les fibres des tissus de nos vêlements sont longues, plus ceux-ci nous paraissent chauds. C’est par la même cause que, couché sur un lit de plumes et recouvert de couvertures de laine, ou mieux d’un édredon, le corps conserve bien sa chaleur pendant le sommeil.

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