DILATATION DES O A Z
206. Valeur de la dilatation des gai. — Les gaz n’ont pas seulement pour caractère d'être les plus dilatables de tous les corps, ce sont encore ceux dont la dilatation est la plus régulière. On a d’abord admis, en se fondant sur des expériences faites par Gay- Lussac, que tous les gaz se dilataient de la même quantité pour une même élévation de température, c’est-à-dire qu’ils avaient tous le même coeflicient de dilatation. Mais on a reconnu, depuis quelques années, que les coefficients de dilatation des divers gaz présentent de légères différences. Toutefois, celles-ci sont assez faibles pour qu’on puisse admettre que tous les gaz ont le même coefficient de dilatation, lequel a été trouvé être de 366 cent millièmes; ce qui veut dire que 100000 litres d’air, ou de tout autre gaz, en s’échauffant d’un degré, prennent un accroissement de volume de 366 litres. C’est une dilatation huit fois plus grande que celle de l’eau.
207. Application* nombreuse* de la dilatation des gaz. — La dilatation des gaz nous offre des applications importantes, nonseulement dans l'économie domestique, mais dans les phénomènes atmosphériques-. Par exemple, dans nos habitations, lorsque l’air est échaufTé et vicié par la présence d’un grand nombre de personnes, il se dilate et s’élève, en vertu de sa moindre densité, dans la partie la plus haute des appartements; et c’est pour lui donner une issue qu’on pose dans le haut des croisées des vasistas par
CALOIUQUE.
lesquels l’air chaud se dégage, tandis que de l’air frais et pur rentre par les joints des portes et des croisées.
Dans les théâtres, les spectateurs placés aux dernières galeries ont beaucoup à souffrir de la haute température de l’air qui se porte aux parties les plus élevées de la salle, tandis que ceux qui sont placés à l’orchestre respirent un air frais.
Les bouches de chaleur qu’on place sur les poêles sont une application de la dilatation des gaz. L’air, entrant par la partie inférieure, circule dans des conàuits pratiqués dans les parois, s’y échauffe, et de là s’échappe dans l’appartement. Il en est de même des bouches de chaleur desquelles se dégage, dans les grands établissements, de l’air chauffé au moyen de calorifères placés dans les parties inférieures des édifices, ordinairement dans les caves.
C’est encore à la dilatation de l’air par la chaleur qu’est dû le tirage de nos cheminées. Échauffé par les combustibles qui brûlent dans le foyer, l’air s’élève dans le tuyau avec une vitesse d’autant plus grande qu’il est plus dilaté; d’où résulte un courant d’air rapide qui entretient et active la combustion en renouvelant constamment l’oxvgène absorbé.
Si l’on étudie les effets produits dans l’atmosphère par les dilatations et les contractions de l’air, on y reconnaît la cause de phénomènes qui exercent une influence immense sur le bien-être de tout ce qui vit à la surface du globe. Par exemple, lorsque le sol est fortement échauffé par les rayons ardents du soleil, les couches d’air en contact avec lui tendent à prendre la même température et à former ainsi une atmosphère tout à fait suffocante; mais ces couches se dilatant de plus en plus, s’élèvent en vertu de leur plus grande légèreté, tandis que les couches supérieures, plus froides et plus denses, viennent successivement les remplacer. De la sorte, la haute température qui tend à se produire dans les basses régions de l’air, se trouve considérablement tempérée et ne dépasse pas les limites qui permettent aux plantes et aux animaux de la supporter.
Enfin, ce sont les dilatations et les contractions qui se produisent dans l’atmosphère, sur une grande étendue de pays, qui sont la cause des vents, depuis le zéphyr le plus léger jusqu’à l’ouragan le plus violent. Or, les vents, si redoutables quelquefois, si capri-